Des discussions engagées pour un futur char intermédiaire

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La construction d’une capacité de char intermédiaire pour l’armée de Terre est d’ores et déjà l’objet de discussions, expliquait cet après-midi la ministre des Armées, Catherine Vautrin. L’occasion d’officialiser l’ajout du projet à une loi de programmation militaire actualisée et d’en confirmer les principaux enjeux. 

« Le MGCS est en train de prendre une dizaine d’années de retard », rappelait Catherine Vautrin en inaugurant un cycle d’auditions parlementaires relatives au projet d’actualisation de la LPM. Sans écarter ce programme de char franco-allemand, le ministère a néanmoins lancé les travaux visant à « faire la jonction entre la fin du Leclerc en [20]38 et l’arrivée du MGCS ». Sauf écueil, l’actualisation de la LPM soutiendra le lancement d’études de définition. Celles-ci devraient visiblement aboutir d’ici à 2030. Le développement proprement dit ne serait lancé qu’après, donc dans une future LPM qu’il restera à écrire. 

Comme indiqué plus tôt, ces études devraient voir émerger une solution préfiguratrice de ce qui se matérialisera par la suite. « Ce que l’on souhaite, c’est que cela soit quand même la première brique du MGCS », notait la ministre des Armées. Cette capacité serait donc « non pas le dernier char d’ancienne génération mais le premier d’une nouvelle génération de système de systèmes », complétait la ministre en relevant des enjeux « particulièrement importants » en matière de connectivité.

Le texte doit encore être validé mais le ministère des Armées parie visiblement sur un consensus parlementaire en la matière, celui-ci confirmant la tenue de « discussions au moment où l’on se parle entre la DGA et différents industriels pour travailler sur le sujet ». Si « nous en sommes encore aux prémisses », voilà en réalité un moment que l’armée de Terre et les industriels avancent conjointement en vue d’un tel scénario.

Cette perspective donne par ailleurs « du corps à l’intuition stratégique qui a finalement présidé à la construction de KNDS », estime la ministre des Armées en citant l’intégration possible d’une tourelle de la division française du groupe sur un châssis de son pilier allemand. KNDS n’a d’ailleurs pas attendu pour mettre le pied à l’étrier en démontrant, en début d’année au Portugal, le bon fonctionnement d’une tourelle téléopérée doté du système d’arme ASCALON sur un châssis Leopard.

Entre les munitions, la défense sol-air et la guerre électronique, l’effort de cohérence à consentir est massif mais se heurte néanmoins à un cadre budgétaire particulièrement contraint. Les moyens supplémentaires étant limités, les rééquilibrages qu’annoncent cette actualisation auront un coût. Plusieurs capacités sont abandonnées, d’autres décalées. Quelques-unes concernent directement l’armée de Terre. La ministre des Armées a ainsi acté l’abandon du programme de système de drone tactique (SDT) Patroller, en retard de plusieurs années. Le parc de Serval d’infanterie sera raboté de 50 exemplaires. Idem pour un futur véhicule blindé d’aide à l’engagement (VBAE) « dont le concept d’emploi est repensé dans le contexte d’une dronisation accrue des missions de reconnaissance ». Sa cible est en conséquence diminuée de 554 véhicules à l’horizon 2035. 

L’étendue du programme de rénovation à mi-vie du parc de Leclerc demeure pour sa part inchangée. L’armée de Terre devrait disposer de 160 Leclerc XLR en 2030, puis 200 en 2035. Au dernier décompte, les régiments de cavalerie avaient perçus 55 chars rénovés à fin 2025 et 21 autres sont attendus cette année. C’est tout pour l’instant sur le sujet, mais l’audition du chef d’état-major de l’armée de Terre programmée pour demain après-midi pourrait amener son lot de détails supplémentaires. 

Crédits image : EMA