C’est peut-être la fin d’une saga au long cours. La France disposera à nouveau d’une filière de production de munitions petit calibre en 2028, a confirmé hier la ministre des Armées, Catherine Vautrin, en audition parlementaire. La remise des offres finales par les munitionnairees toujours en lice est désormais imminente.
Cinq jours. C’est le délai qu’il reste aux candidats pour remettre une offre finale à la Direction générale de l’armement (DGA), nouvelle étape après l’analyse des offres initiales déposées en décembre dernier. « Quatre industriels européens se sont portés candidats », a souligné la ministre des Armées. Si les concurrents ne sont pas détaillés, FN Browning n’a jamais fait mystère de ses intentions sur le sujet. Le groupe belge, qui a finalisé son rachat de l’entreprise française Sofisport, prévoit dans ce sens d’installer une chaîne d’assemblage dédiée dans la Drôme.
Ce projet de relocalisation d’une filière petit calibre ne date pas d’hier. « C’était un engagement de mon prédécesseur, notre premier ministre », a rappelé Catherine Vautrin. Des alertes parlementaires successives aux déclarations d’intention et des études de viabilité au partenariat avorté, voilà plus d’une décennie que ce dossier cherche un aboutissement. La résurgence de problématiques d’approvisionnement et d’autonomie stratégique aura peut-être servi d’accélérateur.
Il aura fallu néanmoins attendre 2026 pour qu’une opération « munitions petit calibre » (MPC) soit inscrite dans le budget 2026 des armées. Une première ligne de 80 M€ lui est consacrée pour permettre un lancement en réalisation. Dans la même veine que celles engagées pour les obus de 40 mm et de 155 mm, cette opération aura pour but de garantir la production et l’acquisition « sur le territoire national » de munitions de calibres 5,56 mm et 7,62 mm.
Grâce à cette enveloppe, « les premières munitions seront produites en 2028 ». Selon le ministère des Armées, deux années seront en effet nécessaires pour obtenir les autorisations entourant la construction et la qualification de cette chaîne de chargement et d’assemblage des munitions. Quelque 50 millions de munitions devraient y être produites chaque année, une vitesse de croisière que le site devrait atteindre dès 2029. Certaines dispositions normatives fixées dans la loi de programmation militaire pourraient par ailleurs être activées en cas de complication. « C’est bien lancé », résumait Catherine Vautrin. Reste à notifier ce marché en temps et en heure.
Crédits image : FN Herstal