ELISA, un nouveau partenariat d’innovation pour progresser sur les drones intercepteurs

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Après le quantique et les frappes longue portée, un nouveau partenariat d’innovation est dans les tuyaux de la Direction générale de l’armement (DGA). Son objectif ? Avancer sur les drones intercepteurs de drones. 

Le partenariat d’innovation, c’est ce mécanisme d’achat par lequel la DGA finance autant une phase de développement ou d’études que le passage à l’échelle et le déploiement des technologies visées. Il permet, à l’exemple des frappes longue portée terrestre (FLPT), de soutenir la montée en maturité de plusieurs solutions concurrentes.

La démarche permettra cette fois de progresser dans un domaine où le bouclier accuse toujours un temps de retard sur l’épée. « Les forces armées françaises ont émis le constat que les matériels de défense contre les drones, en service dans les forces, ne répondent que partiellement aux menaces actuelles et futures, aussi bien en quantité qu’en coût », indique en effet la DGA dans un appel d’offres lancé ce matin. Un écueil connu et qui, au regard du conflit au Moyen-Orient et ses vagues de drones descendues avec des munitions complexes, rares et coûteuses, ne fait que se renforcer.

L’enjeu de ce partenariat dit d’ « Equipement Léger d’Interception de Système Autonome » (ELISA) ? Le développement, l’évaluation et l’industrialisation de drones intercepteurs de nouvelle génération « capables de contrer les menaces actuelles et futures de type drones ou munitions télé-opérées autonomes, et pouvant être mis en œuvre sans moyens lourds ». Autrement dit, des systèmes conçus pour neutraliser soit à l’impact, soit au moyen d’une charge pyrotechnique embarquée. La cible à abattre ? Une classe regroupant les drones et MTO de plus de 100 kg et atteignant les 600 km/h.

ELISA permettra de soutenir jusqu’à huit partenaires. La DGA prévoit d’allouer 18,7 M€ pour financer trois phases successives et potentiellement éliminatoires. Il s’agira, premièrement, d’évaluer les solutions qui serviront de base pour le développement des futurs drones. Les plus prometteurs seront acquis lors d’une seconde phase « afin de couvrir le besoin court terme », étape qui consistera en parallèle à déboucher sur des prototypes de drones ELISA. Mais l’essentiel de l’investissement, soit 12,5 M€, est fléché vers une troisième étape synonyme de production et d’amélioration continue. Quelque 1000 drones pourraient ainsi être livrés aux forces au travers de ce partenariat de sept ans. 

Encore anecdotique un an plus tôt, ce segment de la lutte anti-drones a explosé au cours des derniers mois. Au moins un système a été livré aux forces française : le drone AST 78 d’Asterodyn, qui a notamment tapé dans l’oeil de l’Aviation légère de l’armée de Terre. Les acteurs français sortent progressivement du bois. D’autres, tels qu’Alta Ares et Harmattan AI, sont attendus sur la ligne de départ avec leurs intercepteurs Black Bird et Gobi. Qui franchira la ligne d’arrivée ? Réponse au-delà du 7 mai, date limite de dépôt des candidatures.

Crédits image : Asterdoyn