Exit le SDT, place au programme ADAPT

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Les aléas techniques, les retards et l’inadéquation aux environnements fortement contestés auront eu raison du système de drone tactique (SDT) Patroller. Aucun autre exemplaire ne viendra rejoindre celui pris en main par le 61e régiment d’artillerie de Chaumont, décision actée dans le projet d’actualisation de la loi de programmation militaire. En lieu et place, l’armée de Terre cherche désormais un drone d’appui dans la profondeur pour lequel un appel d’offres est maintenant sur les rails.

Baptisé « Acquisition D’une cAPaciTé initiale de drone d’appui dans la profondeur » (ADAPT), le programme prévoit la livraison d’au moins cinq systèmes. À la manoeuvre, la Direction générale de l’armement (DGA) prévoit d’allouer jusqu’à 150 M€ pour acquérir cette première tranche ainsi que pour des exemplaires supplémentaires potentiellement commandés entre 2026-2028, pour la formation de primo-formateurs et d’équipages et pour un soutien initial de deux ans. Le retrait du SDT laisse un vide qu’il s’agit de combler au plus vite. Pour l’industriel retenu, il s’agira donc de livrer cette capacité initiale en moins de trois mois.

Chaque système comprendra deux vecteurs aériens chacun capable d’emporter deux charges utiles en simultané. Indispensable, la capacité de renseignement d’origine image (ROIM) combinera des voies jour et infrarouge refroidi et un désignateur laser « de puissance supérieur ou égale à 50 mJ ». S’y ajoute soit une charge radar SAR/GMTI (Synthetic Aperture Radar/Ground Mobile Target Identification) en mesure de suivre une cible à une distance d’au moins 20 km, soit une charge de renseignement d’origine électromagnétique (ROEM) pour étendre le champ à la guerre électronique. 

Côté performances, le drone visé devra démontrer une autonomie de 14 h avec sa charge ROIM et pouvoir « décoller ou atterrir sur une piste sommaire de longueur inférieure à 400 mètres ». Face au brouillage généralisé, la solution proposée devra pouvoir évoluer en environnement GNSS contesté et résister « aux brouilleurs de moyenne puissance », indique la DGA. 

Comme ses caractéristiques le suggèrent, ADAPT sera focalisé sur l’acquisition du renseignement et la désignation de cibles dans la profondeur, notamment au profit des artilleurs de l’armée de Terre. Contrairement au SDT et à l’intégration un temps envisagée de roquettes guidées laser, le programme ADAPT semble écarter l’emport d’une capacité de destruction. Enfin, urgence oblige, seules les solutions disponibles sur étagère (ou atteignant un niveau de maturité TRL 9) seront prises en compte. 

ADAPT est un pan d’un double effort engagé pour compenser l’abandon du SDT. Il se complète en effet de l’acquisition « en urgence opérationnelle » de systèmes de drones tactiques légers (SDTL), rappelait le commandant en second du Commandement des actions dans la profondeur et du renseignement (CAPR), le général de brigade Jean-Hilaire Millet-Aunay, dans le dernier numéro de la Revue militaire générale.

Crédits image : 61e RA / armée de Terre