Un demi-millier de missiles MISTRAL 3 pour la Force Terrestre belge

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L’étendue de l’investissement était connue mais pas son objet précis : ce contrat de plus 226 M€ officialisé en début d’année par la Belgique prévoit la livraison de 465 missiles MISTRAL 3 par MBDA, a précisé ce mercredi le ministre de la Défense belge, Theo Francken. 

Son calendrier n’est pas davantage détaillé, mais ce contrat de six ans se matérialise au travers du mécanisme d’achat conjoint initié en juin 2023 par la France et rejoint par Chypre, l’Estonie, la Hongrie et, bien sûr, la Belgique. Piloté par la Direction générale de l’armement (DGA), il permet d’agréger les besoins pour offrir une meilleure visibilité à l’industriel tout en générant des économies d’échelle. La Belgique devrait au passage bénéficier du quadruplement des cadences de production du MISTRAL 3 consenti depuis 2022 par MBDA. 

Pour la Défense belge, c’est aussi une étape clé dans la reconstruction d’une capacité de défense sol-air très courte portée (SATCP) mise sous cocon depuis 2017 et réactivée dans le cadre du partenariat franco-belge CaMo. La réintroduction de cette capacité sous-tend tout d’abord de reformer l’unité chargée de l’opérer. Il s’agira de l’une des batteries du bataillon d’artillerie de Lombardsijde. Un premier peloton devrait être opérationnel dans le courant de l’année, a rappelé le ministre de la Défense. 

Une fois « reopérationnalisée », cette capacité contribuera en priorité à la protection des unités de manoeuvre des deux brigades déployées en opération. La protection d’emprises militaires, infrastructures critiques et autres sites sensibles n’est pas exclue, la primeur étant laissée aux futurs systèmes NASAMS et Skyranger que la Défense doit encore commander. 

Les artilleurs sol-air belges multiplient désormais les échanges avec leurs homologues français. Après l’exercice Aegis/Volfa conduit fin 2025, un peloton belge a retrouvé le 54e régiment d’artillerie français le mois dernier à l’occasion de l’exercice ORION 2026.  « L’objectif est de comprendre nos doctrines respectives pour travailler en symbiose, être capables d’agir ensemble efficacement sur le terrain », résumait le lieutenant Maxime, chef de section au sein du 54e RA, dans un article publié par la Défense belge.

La Défense belge s’est par ailleurs d’emblée intéressée aux travaux de l’armée de Terre portant sur la reconstitution d’une DSA d’accompagnement, tant sur le segment SATCP que sur celui de la lutte anti-drones. Côté français, deux nouveaux « objets » sont dans les cartons pour compléter les Serval SATCP et LAD déjà commandés. Non seulement la DGA a officialisé l’intégration future du radar suédois Giraffe 1X sur ce blindé de la famille SCORPION, mais elle prévoit également de lancer le développement d’une quatrième variante dite « PC DSA » en 2026. 

Crédits image : Défense belge / Mathieu Nijwenin