Côte d'Ivoire: nouveau partenariat défense

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Hier, jeudi 26 janvier à Paris, le président de la Côte d’Ivoire Alassane Ouattara et Nicolas Sarkozy, ont signé un accord de partenariat de défense entre les deux pays. Cet accord fait suite aux relations renouvelées avec les pays africains partenaires de la France, s’inscrivant dans le cadre du Livre Blanc de 2008, qui prône à la fois plus de transparence et un désengagement militaire de la région.

Au total c’est huit accords « renouvelés » que doit signer la France avec ses anciennes colonies. En clair, il s’agit de clarifier les nouvelles relations entres la France et ses partenaires africains, et notamment de mettre fin aux anciens traités. Datant des années soixante, figuraient dans ces derniers les fameuses « clauses secrètes » d’assistance militaire française.

Aujourd’hui le processus est différent puisque ces accords prennent forme de lois, débattues par les deux chambres et donc publiées au Journal Officiel.

Le premier traité « nouvelle version » a été signé en mars 2009 avec le Togo, le second avec le Cameroun en mai 2009 (JO d’avril 2011); le troisième avec le Gabon en février 2010 (JO d’avril 2011); le quatrième avec la République Centre-Africaine signé en avril 2011; le cinquième a été signé avec les Comores en septembre 2010 (et actuellement en lecture au Sénat); le sixième avec Djibouti, signé le 21 décembre 2011. La Côte d’Ivoire est donc le septième pays africain avec lequel la France officialise ses nouvelles relations. Il restera un dernier accord à signer, avec le Sénégal.

L’armée française dispose toujours d’une présence de 450 soldats dans le cadre de la force Licorne basée en Côte d’Ivoire. Depuis la chute de Gbagbo, le dispositif a déjà été très allégé, mais demeure « opérationnel ». Si rien n’a encore été officialisé aujourd’hui sur la fin de la force Licorne, la présence militaire française devrait se muer en une aide pour de la formation. Le camps de Port-Bouët devrait être maintenu et devenir une école nationale à vocation régionale.

Un escadron de char Sagaie est toujours sur place. Ces chars devraient donc rentrer en France. A moins qu’ils ne soient donnés aux ivoiriens… L’ERC90 Sagaie est en passe d’être retiré du service: de 160 Sagaie diésélisés aujourd’hui, il devrait n’en rester que 140 d’ici deux ans. Et leur rapatriement coûtera cher…

De nombreux défis attendent l’armée ivoirienne, divisée entre pro-Gbagbo et pro-Ouattarra. Les plaies sont encore fraîches et les actes de barbaries, des deux côtés, doivent être lavés. Le pays, qui fait toujours face à d’importants problèmes socio-économiques, n’est pas encore stabilisé.