Belgique : une « prospection militaire » en cours pour l’acquisition de canons automoteurs

(Crédits : 3e RAMa)

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Aucune décision n’a été prise par la Belgique en faveur du système CAESAR, annonçait mercredi la ministre de la Défense belge, Ludivine Dedonder (PS). Le projet d’acquisition d’une artillerie mobile longue portée en est aujourd’hui au stade de la « prospection militaire », en cours de réalisation au niveau de l’état-major de la Défense.

Après les souhaits, la mise au point. Si « l’achat dans les mois à venir de nouveaux obusiers CAESAR » est le scénario souhaité par le commandant de la Composante Terre, le général-major Pierre Gérard, dans ses vœux 2021, il n’est pour l’instant question que d’étudier les différentes solutions disponibles. « Aucune décision n’a donc encore été prise dans le cadre du partenariat stratégique avec la France », a souligné la ministre de la Défense en réponse aux questions des députés Jasper Pillen (Open VLD) et Peter Buysrogge (N-VA).

« La Vision stratégique parue le 29 juin 2016 prévoit l’acquisition d’une nouvelle capacité d’artillerie mobile longue portée pour la Composante Terre pour un montant prévu de 48 M€ », a par ailleurs rappelé Ludivine Dedonder. Fixée pour 2027-2029 dans la Vision stratégique, la concrétisation de ce dossier pourrait intervenir dès cette année. C’est l’un des projets importants concernés par les 404 M€ de crédits d’engagements alloués en 2021 pour le renouvellement des matériels.

Selon la ministre de la Défense, l’interopérabilité avec l’armée de Terre française visée au travers de CaMo doit primer, qu’importe la solution retenue in fine. « Pour ce qui concerne la capacité motorisée et la réalisation de l’ancrage capacitaire, l’interopérabilité avec notre partenaire doit à tout moment être garantie. Le système d’artillerie éventuellement à acquérir doit donc pouvoir être intégré dans le cadre de ce partenariat », a-t-elle insisté. Le CAESAR 6×6 est à ce titre l’option la plus séduisante, tant pour ses performances que pour les facilités en terme de formation, d’entraînement et de partage d’expérience qu’autorise CaMo.

Reste que, si les députés insistent également sur « l’interopérabilité avec nos partenaires », il convient selon exu d’étudier toutes les alternatives possibles. Bien que naturelle, la piste CaMo ne doit « pas exclure de prendre en compte une interopérabilité avec d’autres partenaires, et pas uniquement avec l’armée française mais aussi dans un contexte plus large avec l’OTAN », a ainsi relevé le député Pillen.

Pour ce qui est de l’artillerie, la Belgique est aujourd’hui très proche du voisin néerlandais, dont l’appui feu à longue portée repose sur le canon automoteur PzH 2000 de fabrication allemande. En plus d’être onéreux, un éventuel alignement capacitaire des deux pays se heurterait à l’impératif de projection au moyen de l’A400M, commandé à sept exemplaires par la Belgique. Un avion de transport qui, malgré ses nombreux atouts, n’est pas en mesure de transporter un PzH 2000 de près de 60 tonnes. À moins d’un programme de renouvellement côté néerlandais – très peu probable -, cette option ne permettrait pas d’atteindre un degré d’interopérabilité aussi élevé qu’avec la France.

Image : 3e RAMa/armée de Terre