L’annonce était attendue : le ministère de la Défense belge a officiellement mis sur les rails le projet Land Systems Logistic Support (LS²), un partenariat innovant avec trois industriels nationaux chargés de maintenir les véhicules et systèmes de la Force Terrestre.
LS² reposera, sans surprise, sur John Cockerill Defense, Thales Belgium et de FN Herstal, seul trio en lice pour déployer ce projet dédié « à l’entretien, à la modernisation et au soutien logistique de l’ensemble des véhicules de la Force terrestre, ainsi que de leurs systèmes d’information, de communication et d’armement ». Tous trois sont désormais réunis au sein d’une co-entreprise LS² dont la création avait été approuvée mi-janvier par la Commission européenne. Elle sera pilotée à compter du mois prochain par Thibault Lambrecht, jusqu’alors vice-président des ventes de JCD.
Certaines activités de maintenance seront réalisées à partir de nouvelles infrastructures construites à Rocourt, terre d’accueil d’un Centre de Compétence du matériel Roulant et Armement au sein duquel oeuvrait déjà JCD. D’autres seront menées sur « plusieurs bases de la Force Terrestre ». Des antennes décentralisées ont ainsi été mentionnées à Bourg-Léopold et Marche-en-Famenne, sièges des 1ère et 7ème brigades.
Aucun montant n’est mentionné côté industriel, mais le projet LS² était estimé à 689 M€ sur 30 ans pour les missions de base dans un rapport de la Cour des comptes. L’investissement pourrait atteindre 3 Md€ en y ajoutant un « potentiel de croissance », autrement dit le transfert d’activités habituellement réalisées par la Défense. Ce sont, par exemple, la gestion des stocks de pièces de rechange et l’appui en opérations ou en exercices. Autant d’estimations à adapter à l’horizon retenu pour l’instant par la Défense, fixé 20 ans et, toujours selon la Cour des comptes, éventuellement prolongé de 10 ans.
« Avec LS², nous montrons de quoi la Belgique est capable lorsque notre industrie de défense unit ses forces. C’est une première dans notre pays : une solution intégrée et tout-en-un qui élève nos véhicules à un niveau supérieur et renforce la capacité de combat de nos unités. LS² prouve que la collaboration n’est pas un compromis, mais un accélérateur. », a déclaré le ministre de la Défense belge, Theo Francken.
Pour le CEO de FN Herstal, Julien Compère, « LS² garantit à la Force terrestre que ses véhicules et leur armement seront opérationnels à tout moment pour accomplir leurs missions et offre à nos industries une visibilité à long terme favorable aux investissements locaux ». « En unissant nos forces nous garantissons pour les décennies à venir, la disponibilité et la performance de l’ensemble des véhicules de la Force terrestre pour assurer le maintien en condition opérationnel des véhicules militaires belges », notait pour sa part le patron de Thales Belgium, Alain Quevrin.
Ce partenariat d’un nouveau genre se concrétisera dans les prochains mois par la mise en place opérationnelle de la co-entreprise éponyme, le transfert progressif des activités de maintenance au sein des bases de la Force Terrestre, ou encore par la mise en oeuvre d’un système de suivi de la disponibilité opérationnelle commun à tous les acteurs. Un calendrier concomitant de l’entrée en service de véhicules blindés de nouvelle génération. Après les Griffon perçus depuis l’été dernier, la Force Terrestre recevra cette année ses premiers Jaguar et attend une première tranche de Serval. Bien d’autres plateformes devraient être acquises travers de la nouvelle Vision stratégique adoptée l’an dernier, qui prévoit notamment l’achat de 1500 véhicules de combat et de plus de 3600 véhicules logistiques.
Crédits image : JCD/Thales/FN Herstal