2026 sera une année charnière pour les trois programmes franco-belges désormais pilotés par l’OCCAr. Des contrats sont espérés pour l’engin du génie de combat et les simulateurs pour véhicules SCORPION, tandis que le véhicule blindé d’aide à l’engagement attend les feux verts gouvernementaux pour basculer dans une nouvelle phase.
La compétition pour l’EGC « devrait être lancée en mars 2026 », annonce l’OCCAr dans son business plan annuel. Ne restent que quelques jours pour franchir un jalon déjà repoussé de plusieurs mois. Idem pour l’appel d’offres européen, ouvert à maximum six candidats et théoriquement publié au second semestre.
Malgré le décalage, l’objectif reste bien de sélectionner l’offre « économiquement la plus avantageuse » avant la fin de l’année pour ensuite notifier le lauréat au premier trimestre de 2027. Les principaux chiffres sont connus : jusqu’à 200 EGC livrés à compter de 2032 pour un budget variant de 800 M€ à 1,2 Md€ entre 2027 et 2040.
Lancé un peu plus tard, le programme de « SImulateur Technico TActique CaMo et SCORPION » (SITTACS) suit une trajectoire proche de celle de l’EGC. Comme son nom l’indique, SITTACS entend déboucher sur une capacité d’entraînement et de formation tactique et technique pour tous les véhicules de la gamme SCORPION, le tout en misant sur des « plateformes virtuelles » et des simulateurs en cabine. Au duo franco-belge de CaMo s’ajoute officiellement le Grand-Duché de Luxembourg, qui actait fin 2025 la commande de 16 Griffon et 38 Jaguar.
Après avoir établi la gestion de programme en janvier 2025 et adopté la stratégie d’acquisition à l’automne d’après, l’OCCAr a donc émis un appel d’offres en direction de l’industrie. La contractualisation est attendue pour 2026, conformément au calendrier. Environ 200 M€ pourraient ainsi être investis entre 2027 et 2034 pour le développement, la production et une tranche initiale de soutien en service. La suite devrait se matérialiser au travers de John Cockerill Defense, maître d’oeuvre désigné au lancement du programme.

Reste la question du véhicule blindé d’aide à l’engagement (VBAE). Voilà plus de deux ans que KNDS France, JCD et Arquus planchent sur la pré-définition de celui qui, côté français, est appelé à succéder au VBL. Le sujet a lui aussi du retard. Entre des exigences opérationnelles parfois différentes d’un côté et de l’autre de la frontière, le coût d’un véhicule présenté comme complexe et les arbitrages industriels, converger sur une copie conjointe s’avère plus chronophage que prévu, observe-t-on dans les rangs industriels.
Ce travail se poursuit aujourd’hui. D’après l’OCCAr, le trio industriel progresse sur des études d’optimisation et de maturation pour « établir une architecture de préconception optimisée du VBAE équilibrée entre les aspects techniques, opérationnels et financiers ». Les prochains mois consisteront non seulement à renforcer l’équipe de programme installée à Paris, mais aussi à finaliser ces travaux d’architecture et d’analyse technico-économique pour déboucher sur un cahier des charges.
Il est également prévu de travailler sur une maquette ergonomique et, surtout, de préparer et de négocier le contrat de développement, de production et de livraison « si l’étape 2 est avalisée ». Après les 13,8 M€ consacrés aux études de pré-définition, la seconde étape mobiliserait plus de 1 Md€ entre 2026 et 2038. Espérés à l’origine pour 2028-2029, les premiers exemplaires n’arriveraient sans doute pas avant 2030-2031, relevait dernièrement un haut gradé belge. Pour la France, il devient donc difficile d’atteindre la cible inscrite dans l’actuelle loi de programmation militaire de 180 VBAE en service à la fin de la décennie.
À l’instar de la France, la Belgique a néanmoins conforté le sujet dans une nouvelle Vision stratégique adoptée l’an dernier. On y retrouve le VBAE tant dan l’infanterie que dans la cavalerie et les unités de reconnaissance. À terme, un seul bataillon d’infanterie belge pourrait ainsi disposer d’une quarantaine d’exemplaires. Comme pour l’EGC, l’adoption à l’été prochain d’une LPM révisée sera l’occasion pour la France de confirmer sa position. Et un pas encourageant vers une phase dont le lancement doit encore validé.
Crédits image : ministère des Armées / DGA