Comme pressenti un mois plus tôt, le ministère de la Défense danois a signé début décembre avec le groupe européen MBDA pour des systèmes de défense sol-air VL MICA supplémentaires.
« Plusieurs systèmes VL MICA » seront acquis auprès de MBDA par l’entremise d’un accord intergouvernemental et de la Direction générale de l’armement (DGA), annonçait le 9 décembre le pendant danois de cette dernière, l’Organisation des acquisitions et de la logistique de défense (FMI).
Conclu le 4 décembre avec MBDA France, ce marché porte à première vue sur quatre « unités » de VL MICA et les missiles associés, la fourniture d’un banc de maintenance pour les munitions, ainsi que des équipements et prestations de formation et d’entraînement. Le tout, selon l’annonce d’attribution, pour un peu plus de 1,2 Md€.
Ce contrat suit de peu celui signé en juillet avec MBDA France. Le Danemark avait alors acquis deux « unités de tir » rassemblant un radar, un module d’engagement, des lanceurs et des missiles pour un peu moins de 400 M€. Chaque système sera opéré par une trentaine de militaires. Le tout devrait être pleinement opérationnel d’ici à fin 2026. Ce qui n’était alors qu’une solution intérimaire est depuis devenue permanente à l’aune du marché conclu début décembre.
« Le renforcement de la défense aérienne terrestre danoise progresse à un rythme adapté aux besoins. C’est donc avec une grande satisfaction que nous signons une nouvelle fois un contrat pour un système dont nous savons qu’il sera précieux pour la défense du Danemark. Grâce à l’excellente coopération avec la France, cet accord a pu être conclu rapidement », déclarait le colonel Jan Toft, directeur du programme de défense anti-aérienne terrestre.
Copenhague, qui projette de prendre la tête d’une coalition capacitaire européenne centrée sur la défense sol-air, s’est offert au même moment de nouveaux systèmes NASAMS et IRIS-T SLM pour environ 540 M€ et 2,1 Md€. Comme pour le VL MICA, ceux-ci viendront compléter la capacité initiale validée en juillet.
Pour MBDA France, cette commande s’ajoute à celle notifiée en décembre 2024 par la France pour huit lanceurs VL MICA. Inscrits dans un nouvel incrément du programme de DSA basse couche, ces lanceurs renforceront une capacité jusqu’alors composée des deux systèmes acquis de manière réactive et livrés juste à temps pour renforcer la protection des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris.
L’effort français en la matière pourrait se poursuivre. Selon son chef d’état-major, l’armée de l’Air et de l’Espace vise en effet « une cible à 18 systèmes ». Des systèmes « bicouches constitués d’Aster et de Vertical Launch MICA » espérés pour 2035 afin de garantir « la protection à deux dimensions de nos bases, projetées ou non », indiquait le CEMAAE, le général d’armée aérienne Jérôme Bellanger, mi-octobre en audition sénatoriale.
Difficile de dire ce que recouvre exactement cette cible, mais un nouveau pas serait théoriquement franchi l’an prochain avec la commande de quatre systèmes SAMP/T NG pour amener la capacité françaises à 12 sections rénovées. À supposer qu’un budget soit voté et, avec lui, la sur-marche de 3,5 Md€ sur laquelle les armées comptent s’appuyer pour financer ces moyens supplémentaires.
Crédits image : MBDA