Victimes du budget, les VBL ne seront pas rénovés

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C’est cette année que l’armée de terre a réceptionné ses derniers VBL (véhicule blindé léger). Au total, un peu plus de 1600 de ces plateformes ont été commandées et livrées depuis 20 ans à l’armée française par le constructeur français Panhard. Véhicules engagés sur tous les théâtres d’opérations depuis les deux dernières décennies, l’armée de terre avait lancé un programme qui devait venir moderniser les premiers véhicules de série (livrés depuis 1989) ainsi que ceux les plus utilisés, comme la version équipée du toureleau 12,7 mm (PL127).

Ce programme de rénovation, qui devait initialement avoir lieu en 2014, avait, pour raisons budgétaires, déjà fait l’objet d’un report à l’horizon 2016-2017. Mais crise oblige, l’armée de terre semble devoir aujourd’hui se résigner à tout simplement annuler cette modernisation à mi-vie. Celle-ci concernait la moitié du parc des VBL en service, soit 800 blindés légers, et visait à la fois à améliorer sa protection ainsi qu’à remplacer ce qu’on appelle le GMP, le groupe moto-propulseur. En clair : le moteur, la boîte de vitesse, les suspensions et le freinage. Le but était de porter les plus anciens véhicules aux standards requis par la sécurité routière et de faire durer la flotte jusqu’à l’horizon 2020.

Cette annulation va cependant poser quelques difficultés. Et plus particulièrement sur le freinage, un vrai problème pour le VBL. Car au cours de ses fidèles années de services, le véhicule a été alourdi à plusieurs occasions, avec l’adjonction de surprotections, de systèmes ou d’armements. D’un poids initial de 3,5 tonnes, une bonne partie de la flotte dépasse allègrement les plus de 4 tonnes. Des procédures de limitations auraient même été mises en place afin d’éviter aux équipages de se retrouver en situations dangereuses dues à un freinage défectueux… Sans parler du fait qu’au delà de 2015, la moitié des véhicules sera très difficile à maintenir en état de rouler.

Engagé sur tous les théâtres d’opérations, le VBL est un pion important de l’armée française: 800 sont en service dans la cavalerie. Il est l’outil principal des escadrons d’éclairage et d’investigation et accompagne les chars dans leurs manœuvres (un peloton est constitué de 3 chars et 3 VBL). Ce blindé léger est aussi très utilisé dans les compagnies de reconnaissance régimentaire d’infanterie et réalise de nombreuses et diverses missions en Afghanistan, comme de l’escorte de convois.

Au final, cette mise au placard de la modernisation pourrait avoir comme conséquence une accélération du développement de son successeur. Le VBL doit être remplacé par un véhicule aujourd’hui tendrement baptisé le VBAE, pour véhicule blindé d’aide à l’engagement. A moins que le général Ract-Madoux, chef d’Etat-major de l’armée de Terre (CEMAT), et ancien officier de programme du… VBL, ne revienne sur le sujet.