Une rallonge pour le fonds de soutien à l’Ukraine ?

Crédits : 55e brigade d'artillerie des forces armées ukrainiennes

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Après avoir été doublé en fin d’année dernière, le fonds de soutien permettant à l’Ukraine d’acquérir du matériel militaire auprès des industriels français pourrait profiter d’une nouvelle rallonge de quelques dizaines de millions d’euros, indique le projet de loi de finances pour 2024. 

Des 200 M€ donnés par la France à l’Ukraine, la moitié a fait l’objet d’un engagement en fin d’année 2022 au titre de l’accord intergouvernemental (AIG) signé quelques semaines auparavant par les deux ministres de la Défense. 

L’autre moitié, reportée à 2023, semble voir son plafond être rehaussé de 100 à 170 M€ grâce à un amendement à l’AIG « signé le 11 juillet 2023 », premier jour d’un sommet majeur organisé par l’OTAN à Vilnius (Lituanie). Un amendement qui ne prendra effet qu’après « information mutuelle des Gouvernements de la complétude des procédures nationales », paramètre expliquant peut-être l’absence de mention de ce coup de pouce dans les déclarations officielles. 

Entré en vigueur début janvier et pour une durée d’un an, ce fonds vise à faciliter l’acquisition de matériels neufs ou de prestations auprès de l’industrie de défense française, de quoi soutenir le partenaire ukrainien « sans amputer la capacité opérationnelle de l’armée française », rappelle le PLF 2024. 

Le dispositif aura déjà permis l’acquisition de 12 pièces d’artillerie CAESAR et de munitions de 155 mm, pièces de rechange et outillages associés, ainsi que d’un radar Ground Master 200 et de ponts flottants motorisés. 

Il aura aussi financé des commandes réalisées par la France portant sur la mise en configuration ou en état de matériels avant cession et leur acheminement auprès des forces ukrainiennes, des actions de formation et, dans une moindre mesure, l’acquisition d’équipement à des fins de cession. 

Une fois activée, cette nouvelle enveloppe devrait être la dernière prélevée dans les crédits alloués aux équipements des forces françaises. L’avenir du soutien financier à l’Ukraine sera en effet à chercher ailleurs, le sujet sortant du périmètre des armées à compter de 2024 et de l’entame d’une nouvelle loi de programmation militaire, comme annoncé en début d’année par le ministre des Armées, Sébastien Lecornu.