Une petit tour au PJGN

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Dans des locaux flambant neufs (ouverts il y a tout juste un an) d’une surface de 27 000m² à Cergy Pontoise, au nord-ouest de Paris, se trouve un service peu connu: le pôle judiciaire de la gendarmerie nationale (PJGN), crée en 2011, regroupant L’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN) et le Service central de renseignement criminel (ex STRJD). FOB a eu le privilège d’être invité avec d’autres médias dans le cadre d’un voyage de presse organisée par le GIGAT (groupement des industries de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres) à découvrir les lieux le mercredi 18 mai.

Les locaux flambant neufs du PJGN


 
 

Le général de brigade François Daoust. Crédit photo: Christina Mackenzie


Le PJGN, dirigé par le général de brigade François Daoust, est composé de 560 personnels, militaires et civils, dont près de 300 scientifiques. Il s’articule autour de sept fonctions:
  • Un laboratoire scientifique pluridisplinaire (IRCGN) qui couvre une quarantaine de domaines d’expertise, de la balistique à l’informatique, des explosifs à la microanalyse, de la toxicologie à l’entomologie.
  • Un service central de renseignement criminel chargé de la gestion des bases de données nationales, de la centralisation et de l’analyse du renseignement judiciaire (SCRC).
  • Un centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N).
  • L’observatoire central des systèmes de transports intelligents et des objets connectés (OCSTI).
  • L’animation et le pilotages des chaînes criminalistique, cyber et renseignement avec la SDPJ.
  • Une capacité de projection en matière de police technique et scientifique et d’appui judiciaire spécialisé (analyse criminelle, analyse comportementale, enquêteurs numériques).
  • Un centre de recherche et d’enseignement appliqué à la criminalistique et au renseignement criminel.

Le colonel Patrick Touran, directeur de l’IRCGN, doit s’assurer que ce dernier puisse remplir son contrat capacitaire. Il doit pouvoir traiter 600 victimes, l’équivalent d’un A380 plein, et pouvoir être projetable n’importe où sur le globe dans un délai de deux heures. Son matériel doit être aérotransportable, son personnel formé au recueil des informations post-mortem (PM, obtenus par l’examen des cadavres) et anté-mortem (AM, obtenus auprès des familles), ainsi qu’à l’accueil des familles. Il doit également être en mesure d’effectuer, entre autres, des analyses ADN et des radios dentaires sur site. Ce travail est entrepris par l’Unité Nationale d’Identification de Victimes de Catastrophes (UGIVC, intégré à l’IRCGN) au sujet duquel je vous invite à lire cet article très complet. Un véhicule aérotransportable (type Renault Master) contenant tout l’équipement nécessaire à cette mission a été développé et sera visible sur le stand de la gendarmerie nationale à Eurosatory.
L’IRCGN reçoit 500 dossiers par jour, doit identifier 10 000 séquences ADN par mois et au moins une de ses équipes se déplace sur le terrain tous les jours. Les dossiers qu’il traite sont ceux qui n’ont pas pu être traités par le technicien en identification criminelle de proximité (TICP) qui révèle et préserve les preuves d’une infraction simple, ni, pour une infraction grave, par le technicien en identification criminelle (TIC), le N’tech (gendarme spécialiste des nouvelles technologies) et le coordinateur des opérations de criminalistique au niveau départemental. L’IRCGN traite des affaires à un échelon national qui requièrent l’expertise des scientifiques. On y trouve des spécialistes de tous genres.
Dans la division criminalistique physique-chimie oeuvrent des experts en : balistique ; micro-analyse ; incendies, explosifs, environnement ; toxicologie.
Dans la division criminalistique ingénierie-numérique on trouve des experts en : informatique, électronique ; signal, image, parole ; documents ; véhicules (le seul centre expert de ce genre en Europe).
Dans la division criminalistique identification humaine (ou du vivant), on trouve des experts en : empreintes digitales ; hémato-morphologie, anthropologie ; médecine-légale, odontologie (les dents) ; flore & faune, forensique.

Deux anthropologues dans leur laboratoire d’identification humaine. Crédit photo: Christina Mackenzie


Dans la division criminalistique biologie génétique (humaine) il y a le département biologie et trois services centraux où les scientifiques entreprennent des analyses génétiques d’individus et de traces, et préservent des prélèvements biologiques.
Le PJGN contient aussi une « bibliothèque » un peu particulière. Plus de 10 000 armes à feu y sont stockées, dont la plus ancienne date de 1720 et la plus insolite est une arme faite maison et utilisée par son inventeur pour se suicider. Y sont aussi conservées deux millions de munitions qui servent aux gendarmes pour identifier celles trouvées sur les scènes de crimes.

Une des nombreuses rangée d’armes à feu dans la « bibliothèque ». Crédit photo: Christina Mackenzie