Un autre outil de minage attendu par l’armée de Terre

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Une nouvelle capacité de minage est à l’étude au profit des régiments du génie de l’armée de Terre, une de plus. Il s’agit cette fois d’accélérer la manoeuvre au moyen d’un système intégré sur des véhicules en service. 

Un « kit d’aide à l’enfouissement de mines » ou KAEM, voilà l’objet d’un appel d’offres lancé aujourd’hui par la Direction générale de l’armement (DGA). Dans le viseur, un système composé d’une tarière permettant à l’opérateur de réaliser des « fonds de fouille », des excavations de 40 cm de diamètre pour 40 cm de profondeur dans lesquelles un binôme de sapeurs pourra ensuite déposer une mine antichar.

Ce KAEM comprendra également un élément embarqué pour le stockage et le transport de jusqu’à 100 mines antichars, ainsi qu’une solution d’adaptation pour interfacer le tout avec les engins d’aménagement du terrain en dotation dans l’armée de Terre. Ce kit « doit permettre l’emport d’un stock tampon de mines et leur mise en place dans une grande variété de sols, non modelables par des fouilles manuelles », résume la DGA. Il aura le double avantage d’accélérer la création d’un « bouchon antichar » tout en rendant ce dernier moins aisé à détecter. 

La cible est aujourd’hui estimée à 21 systèmes, dont deux en tranche ferme. Candidat unique ou groupement, le lauréat décrochera un accord-cadre de cinq ans dont l’envergure financière n’est pas précisée. Le calendrier n’est pas davantage détaillé mais le besoin semble assez urgent au vu du délai de 10 mois imposé par la DGA pour la fourniture des différents éléments du kit. 

Ce KAEM vient s’ajouter à d’autres programmes visant à renforcer et renouveler la trame de contre-mobilité des sapeurs, un domaine que le conflit russo-ukrainien a remis au goût du jour tout en mettant en lumière certaines ruptures temporaires en la matière. Le minage de zone, par exemple, « est une capacité qui a été abandonnée », pointe un récent rapport d’information.  

« Dans la situation actuelle, le génie n’aurait pas les moyens de s’engager dans la durée sous haute intensité, notamment en tant que groupement tactique génie pour soutenir une division », précise ce rapport tout en invitant à « équiper de nouveau les régiments pour éviter une perte définitive de compétence ». Le kit visé permettra à ce titre de récupérer partiellement une capacité perdue avec le retrait des engins d’enfouissement PM12. D’autres objets de ce segment sont inscrits dans une feuille de route capacitaire de l’armée de Terre présentée cette semaine lors d’une réunion du Cercle de l’innovation du combat futur (CICF). Cet engin de minage mécanique et ce disperseur de mines devraient néanmoins arriver plus tard, au-delà de 2035 pour le premier et après 2040 pour le second.

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