Le futur hélicoptère médian de l’OTAN se cherche un moteur

Crédits image : armée de Terre

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Top départ pour la phase conceptuelle du programme « Next Generation Rotorcraft Capability » (NGRC) de l’OTAN. La première étude, cristallisée hier par l’émission d’un appel à propositions (RFP), se concentrera sur la motorisation de l’hélicoptère militaire de demain. 

Voici près de trois ans que la France, l’Italie, la Grèce, les Pays-bas, l’Allemagne et le Royaume-Uni se sont regroupés pour développer un nouvel hélicoptère multirôle médian d’ici à l’horizon 2035-2040. Ils seront rejoints cet été par le Canada, période également propice au lancement d’une première étude de concept.  

Ce sujet adressé aux industriels du secteur « explorera les solutions actuelles et futures pour une nouvelle motorisation qui répondrait aux exigences de NGRC », souligne l’Agence OTAN de soutien et d’acquisition (NSPA), chargée de conduire le projet au noms des nations partenaires, dans un communiqué. 

« La première étude fournira une vue et une analyse agnostiques de nouvelles solutions de motorisations existantes et futures. Il s’agit d’une étape clé pour préparer et alimenter l’examen du concept de plateforme intégrée que l’équipe de programme NGRC prévoit d’attribuer en 2024 », a détaillé Richard Thorpe, responsable technique au sein de la NSPA. 

Des avancées dans les turbines à gaz jusqu’aux technologies plus « exotiques » comme des propulsions électriques, à hydrogène ou hybrides, la NSPA n’exclut aucune piste tant qu’elle s’inscrit dans un contexte militaire et répond aux besoins spécifiques que celui-ci engendre. Cette étude devra notamment plancher sur les questions d’interopérabilité, d’environnement opérationnel, de soutenabilité et de maturité.  

Financée à hauteur de 1M€, cette première phase devrait être contractualisée d’ici à novembre prochain. Les propositions sont attendues jusqu’à fin août. Un duo est a priori attendu dans les starting-blocks. Ce sont le groupe français Safran et l’allemand MTU Aero Engines, signataires lors du dernier salon du Bourget d’un protocole d’accord « posant les bases d’une coentreprise 50/50 pour développer un nouveau moteur destiné au projet d’hélicoptère ENGRT (European Next Generation Rotorcraft Technologies) ». 

Et si le cadre initial n’est pas otanien, l’enjeu de ENGRT resterait bien d’ « européaniser » au maximum l’éventuelle solution qui découlerait de NGRC en y intégrant des briques souveraines. « Les deux partenaires sont convaincus que les forces armées européennes ont besoin d’un nouveau moteur 100% européen, de conception avancée et aux coûts d’exploitation et de maintenance réduits, pour équiper un hélicoptère militaire qui entrera en service d’ici 2040 », déclarait alors les deux entreprises. 

Quatre autres études devraient être conduites d’ici à 2025 par la NSPA. La seconde et la quatrième, relatives aux concepts d’opérations (CONOPS) et aux technologies, seront réalisées via des initiatives nationales. Les première, troisième et cinquième feront l’objet d’appel d’offres industriels.

Crédits image : armée de Terre