La France muscle sa posture en Roumanie

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Un système de défense sol-air MAMBA de l’Armée de l’Air et de l’Espace est arrivé en Roumanie le 16 mai. Il vient s’ajouter aux 500 militaires français présents dans le pays depuis fin février en réaction à l’invasion russe de l’Ukraine. 

Un MAMBA à Capul Midia

Ce système MAMBA, accompagné d’un Centre de management de la défense dans la 3e dimension (CMD 3D), a été déployé au Centre d’entraînement national à la défense aérienne de Capul Midia, le long de la mer Noire et à quelques kilomètres au nord de Constanta. Certains éléments sont arrivés par avion de transport A400M, d »autres par la route. 

Cet appui supplémentaire « démontre la capacité et la volonté de la France à protéger ses intérêts et ceux de ses alliés en Europe et permet de renforcer le partenariat stratégique qui la lie à la Roumanie depuis 2007, en particulier dans le domaine de la défense sol-air », souligne le ministère des Armées.

Mis en oeuvre par une centaine d’aviateurs, le MAMBA fournit une bulle de protection sur 360° contre les menaces conventionnelles et balistiques. Il est doté de missiles Aster 30, conçus pour traiter une cible dans un rayon d’environ 100 km. Il est par ailleurs « connecté et intégré via une liaison de données tactiques au système de défense roumain et à celui de l’OTAN », ajoute le ministère des Armées. 

Cette capacité sera à terme placée sous le contrôle opérationnel du Commandement aérien allié de l’OTAN (AIRCOM), installé à Ramstein (Allemagne). Il s’agit seulement du deuxième déploiement à l’étranger pour le MAMBA français, après son envoi en Jordanie en septembre 2021 à des fins d’exercice. 

S’installer dans la durée

Le 1er mai, le Spearhead Bataillon franco-belge est officiellement devenu un bataillon de présence avancée (Battle Group Forward Presence) de l’OTAN. Principalement positionné à Cincu, dans le centre du pays, ce BG FP s’installe dans la durée « en agrégeant d’autres pays contributeurs afin de maintenir cette posture de dissuasion et de contribuer à cette défense du flanc est de l’Europe », déclarait son commandant, le colonel Vincent Minguet, chef de corps du 27e bataillon de chasseurs alpins. 

Hormis la France, qui en conserve le commandement, il sera alternativement composé de contingents belge ou néerlandais. Les 300 belges présents depuis trois mois seront relevés au cours de l’été par 200 néerlandais de la 11e brigade aéromobile. 

Cette présence de long terme nécessite de construire des installations pérennes, mission confiée aux 31e et 19e régiments du génie. Le premier est chargé de mettre sur pied les approvisionnements en eau et en énergie. Au 19e RG le gros oeuvre et la construction des voies de communication. Le tout devrait prendre de quatre à six mois. L’arrivée du 13e régiment du génie est également annoncée pour l’été. 

Ces derniers jours, les unités belges et françaises ont poursuivi les activités inter-alliées sur une dizaine de sites roumains. Un premier tir de missile antichar MMP a ainsi été effectué le 12 mai, annonce l’EMA. Quelques Français se sont entraînés à l’aérocombat avec deux hélicoptères IAR-330 Puma SOCAT de l’armée de l’air roumaine. 

Crédits image : EMA