La DGA passe la seconde sur les munitions téléopérées

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Les projets expérimentaux COLIBRI et LARINAE démarrent à peine que, déjà, le ministère des Armées pose les bases de l’acquisition d’une première capacité de munitions téléopérées au profit des forces. 

Des munitions téléopérées (MTO), la seule armée de Terre compte en percevoir 2000 au cours de la prochaine loi de programmation militaire pour 2024-2030. Entre la volonté de construction d’une filière souveraine et l’objectif d’atteinte d’une première capacité opérationnelle en 2027, il n’y a pas une minute à perdre. La Direction générale de l’armement (DGA) aborde donc dès maintenant un passage à l’échelle que n’envisageaient ni COLIBRI, ni LARINAE

Lancée ce matin, la procédure d’achat « permettra de doter différentes unités de l’armée française d’une première capacité de systèmes de Munitions Télé-Opérées ». Des munitions dites « de courte portée » et « adaptées à des cibles faiblement protégées », deux données qui ne sont pas sans rappeler celles du segment visé par le projet COLIBRI. 

De cette MTO, la DGA n’en donne pour l’instant qu’une définition large mais aussi moins restrictive. Chaque système de MTO comprendra plusieurs munitions et un segment sol composé d’une station C2, d’un réseau antennaire et, si nécessaire, d’un système de lancement. Ces systèmes donneront aux opérateurs la capacité d’observer des cibles fixes et mobiles puis d’opérer leur neutralisation. « Leurs performances, en termes d’observation et de discrétions sonore et visuelle permettent de détecter leur cible sans être contre-détecté », complète le document. 

Entre autres conditions annoncées, le ministère des Armées insiste tout particulièrement sur la sécurité d’approvisionnement, problématique connue mais renforcée par le contexte sécuritaire. Le marché à venir pourra ainsi comporter l’exigence de constitution d’un stock étatique de composants, voire de sous-systèmes, sur le territoire français pour garantir « une production rapide de systèmes MTO ».

Les volumes envisagés, donnés à titre indicatif, sont de l’ordre de « quelques milliers » de MTO et « au moins une centaine de segments sol ». La démarche sera soutenue par les enveloppes de 5 Md€ et 16 Md€ inscrites dans la future LPM en faveur des drones et des stocks de munitions. Une LPM qui prévoit également 300 M€ pour soutenir le développement incrémental de drones, dont les MTO. 

Si le budget de ce marché n’est pas détaillé, son calendrier s’étendra quant à lui sur plus de neuf ans. Jusqu’à quatre opérateurs seront autorisés à y participer. Les industriels ont jusqu’au 12 juillet pour manifester leur intérêt.