Eurosatory, à l'heure de Kaboul…

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55 000 visiteurs attendus, 1430 exposants enregistrés, 138 nationalités représentées, 34 pavillons nationaux et une dizaine de manifestants anti-militaristes plein d’amour et d’espérance (voir photo)… Le cru 2012 d’Eurosatory est donc bien parti pour être une fois de plus exceptionnel et, pour ne pas changer… marqué par l’Afghanistan.

Sur les stands, au détour des allées et des parcs d’exposition, par la nature même des véhicules exposés, l’Afghanistan est dans tous les esprits. Mais cet improbable centre du monde, depuis maintenant dix ans, s’est aussi douloureusement invité jusque dans l’organisation du salon dont la cérémonie d’ouverture échappa pour la première fois au ministre de la Défense en titre. Jean-Yves Le Drian, retenu à Kaboul après le décès samedi dernier de quatre militaires français, fut donc remplacé au pied levé par Kader Arif, ministre délégué auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens combattants.

 

Celui-ci eut tout le loisir dans son discours inaugural de rappeler l’importance de l’industrie d’armement pour la France. Notre pays reste en effet un acteur majeur du monde de l’armement, avec 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2011 (dont un tiers à l’exportation) et 165 000 emplois directs (et autant d’indirects) dans la balance. Une position remarquable, mais qui n’est pas acquise devait rappeler Kader Arif dans son discours inaugural. C’est un fait, la somme des dépenses militaires des pays asiatiques dépasse désormais celle de l’Europe. Il s’agit là d’une situation que reflète Eurosatory dans la liste de ses pavillons nationaux, mais aussi dans les inquiétudes exprimées plus ou moins sourdement par les exposants français. L’occasion pour Kader Arif d’exhorter ceux-ci à s’organiser, à mieux coopérer à l’échelle européenne ou même internationale. D’autant qu’en plus du concurrent asiatique, l’industrie française doit également protéger ses arrières contre des contraintes budgétaires qui ne feront que se renforcer dans les mois à venir. Même si « l’industrie de la défense revêt une importance capitale aux yeux du gouvernement » nous dit en substance Kader Arif. Nous voilà rassurés…

nos illustrations : Eurosatory 2012, l’endroit et l’envers du décor (photos Frédéric Lert)