Equipements: retour sur l'engagement au Mali (partie 1)

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Une Gazelle (crédits: ECPAD/ MinDef)


L’armée de terre a présenté fin de semaine dernière à la presse internationale les retours d’expériences (retex) des matériels français engagés au Mali. Si la plupart des retex sont déjà connus, quelques précisions apportées méritent que l’on y revienne. D’une manière générale, les équipements se sont révélés adaptés et ont bien remplis leurs missions, sur un théâtre tout de même difficile. D’autant plus que certains équipements commencent à accuser le poids de l’âge, que l’on pense aux VAB ou aux hélicoptères Puma.
 
Hélicoptères
 
Les voilures tournantes ont été utilisés dans un contexte difficile : longues distances, poussière et sable, qui ont malmené les filtres sans causer de graves dommages, mais aussi chaleurs élevées et également nuits très noires avec des niveaux de difficultés en visibilité parfois de 4 sur 5. Au total plus de 3000 munitions ont été tirées, les Gazelle ont engagé 22 missiles Hot et les Tigre pas moins de 770 roquettes. Les taux de disponibilité des machines (Tigre, Gazelle et Puma) a été honorable, se situant aux alentours de 70%.
L’ALAT relève la facilité et la rapidité de déploiement des machines, qui en une semaine sont arrivées de France au Mali, en transporteurs Antonov (bientôt l’A400M pourra transporter deux Tigre) pour se rendre ensuite au nord à Tessalit. Sur place, les machines ont dû faire sans aucune infrastructure lourde de maintenance, ce qui n’a pas posé tant de difficultés que cela, révélant la fiabilité des hélicoptères.
Les Tigres ont été touchés par de nombreuses armes de petits calibres, ce qui ne les a pas empêcher de continuer à voler. Relevons également que les Tigre avaient reçu des protections balistiques supplémentaires, afin notamment de protéger les équipages contre les calibres jusqu’à la 12.7 mm. Le Tigre le plus touché a reçu tout de même 21 impacts et il volait toujours!
L’armement s’est révélé tout à fait efficace, notamment le canon du Tigre qui porte jusqu’à 2000 mètres et les roquettes jusqu’à 4000 m. Côté systèmes d’observation, les trois modes ont été très complémentaires, permettant de voir les cibles la nuit ou par forts conditions de sable (grâce au thermique). Le Tigres ont au total enregistré plus de 5000 heures de vol.
 

crédits: G Belan


Les hélicoptères Pumas, avec leur 40 ans de bons et loyaux services, ont un avantage : leur maintenance. Sans électroniques embarquées, seules 4 heures de maintenance suffisaient pour 24 heures de vol. Bien connus et éprouvés, peu de surprise pour ces hélicoptères de transport, qui ont réalisé en moyenne une mission d’évacuation médicale par jour. Les hautes températures ont bien sûr affecté leurs capacités. Et les canons de 20 mm peu précis ont été utilisés efficacement en tir de saturation.
 
Demain, la suite sur les véhicules terrestres.