D’énergie et de mousse

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Pour continuer notre série sur les projets ayant retenus notre attention lors du Forum DGA Innovation 2016 nous allons vous parler de : Sésame II et Operasol, tous deux exposés sur le stand propulsion/énergie, et Batolus, exposé sur le stand matériaux.
 

La pile à combustible s’insère parfaitement dans une petite poche


Le fantassin d’aujourd’hui transporte beaucoup d’équipements électroniques qui nécessitent tous d’être alimentés en énergie. Afin d’améliorer son confort et d’accroître son autonomie, la Direction générale de l’armement (DGA) est constamment à la recherche de moyens d’alléger cette charge pour le fantassin.
Sésame II (Sources d’Énergies pour Systèmes Autonomes Miniaturisés) fut lancé dans cette optique. Le projet, mené par Safran Electronics & Defense en partenariat avec le Laboratoire d’Innovation pour les Technologies des Energies nouvelles et les Nanomatériaux (Liten) du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) français, vise à remplacer les batteries utilisées par les militaires (fonctionnant avec des métaux), par une pile à combustible (fonctionnant avec de l’hydrogène et de l’oxygène).
L’innovation réside dans le fait que l’hydrogène est fourni par une cartouche remplie de liquide. Cette technologie va permettre de disposer d’une source d’énergie deux fois plus légère pour la même performance.  Concrètement, cela signifie que pour trois jours d’autonomie en énergie, le soldat aura 2 kg de moins à transporter. Pour régénérer la pile, il suffit de changer la cartouche qui, tout comme la pile, est recyclable.
 
Visant à fournir de l’énergie à bien plus grande échelle, Operasol (qui ne semble étonnamment pas être un acronyme !), développé par la PME C2A en partenariat avec le CEA, est un panneau solaire ultra-léger, 70% plus léger qu’un panneau solaire standard mais fournissant une performance énergétique équivalente de 150W/m². Réalisé en matériaux composites (3,8 kg/m²), ces panneaux solaires sont épais d’à peine 14 mm, sont plus rigides que les modèles actuels et sont 100% modulables aux besoins des utilisateurs.
Operasol sera disponible à partir de 2017 pour des applications tant militaires que civiles. Le système pourra être installé sur des infrastructures légères (tentes, hôpitaux de campagne, etc.) mais aussi sur du mobilier urbain, des véhicules, satellites, et autres drones.
Les prototypes ont passé avec succès les tests les plus contraignants de la norme International Electrotechnical Commission (IEC), référence en la matière dans plus de 100 pays.
 

Les panneaux solaires installés sur une tente au camp d’entraînement de Canjuers dans le sud de la France (Crédit photo: C2A)


 
Dans un tout autre registre, Batolus (Battle damage Tolerance for Lightweight UAV Structures) est une mousse absorbante tapissant le réservoir de carburant d’un drone pour renforcer sa robustesse et ainsi survivre aux tirs adverses. Intégré à un project quinquennal (2009-2014) de l’Agence européenne de défense réunissant Allemands, Britanniques, Français et Suédois, Airbus Defence & Space (soit dit en passant, au centre de recherche de Suresnes dont la fermeture d’ici un an a été annoncé cette semaine), a développé en partenariat avec l’ONERA et le CEA et le soutien de la DGA, un démonstrateur pour la structure du fuselage des drones et le comportement du réservoir de carburant en cas de tirs isolés. Cette mousse a prouvé qu’elle fournissait une protection contre des cartouches de 12,7 mm lorsque le drone vol en dessous de l’altitude de croisière, au décollage et à l’atterrissages, permettant à l’appareil de se poser même si il est touché.
Le concept s’applique à tous types de réservoirs d’aéronefs ou de véhicules terrestres tant dans le secteur militaire que dans le segment civil.