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Robbox en recherche d'un second souffle

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Une fois n’est pas coutume, cette 16e édition de l’Université d’été de la défense (UED) fut riche en innovations, un mot désormais cher à la ministre des Armées, Florence Parly. Outre l’EBRC Jaguar, le VBCI et le char Leclerc figurait fièrement la mule Robbox de SERA Ingénierie. Une apparition tout sauf anodine, car la PME villebonaise (Essonne) a sollicité de nouveaux leviers financiers pour poursuivre le développement de sa mule semi-automatisée.
 

"Menu" mais bourré de capacités, Robbox (second en partant de la droite) cherche aujourd'hui de nouveaux financements pour parachever son développement (Crédits photo: GICAN/Twitter)

“Menu” mais bourré de capacités, Robbox (second en partant de la droite) cherche aujourd’hui de nouveaux financements pour parachever son développement (Crédits photo: GICAN/Twitter)


 
« La présence aux UED et la communication sur le sujet viennent en appui de cette demande », explique Luc Beaussant, Directeur Général adjoint de SERA Ingénierie. Soutenue à l’origine par un RAPID de la DGA et par Oséo, le développement du Robbox avait ensuite misé sur le programme FURIOUS en compagnie d’« un grand groupe ». En vain, FURIOUS étant davantage centré sur l’IA et Safran ayant fait une offre plus séduisante a été sélectionné puis choisi, notamment, la PME Effidence pour fournir le volet robotisation.
 
Dévoilé lors du salon Eurosatory 2014, Robbox a pourtant largement de quoi séduire le combattant de demain. Modularité oblige, il dispose de deux espaces pour l’intégration des modules mission, l’un de 2,40 x 1,20 m sur la plateforme et l’autre de 1,20 x 1,50 m entre les deux trains de roues. Le tout permet l’emport de 500 kg de charge utile pour un PTAC de 1,2 tonne, contre 300 kg de charge utile pour l’Effibot d’Effidience, testé en 2015 par le 92e RI. Robbox est également doté d’une alimentation interne de 2 Kw. L’engin est mû grâce à deux ponts indépendants offrant une motorisation hybride ou homogène, soit un pont diesel de 12,5 kW et un pont électrique de 15 kW alimenté par des batteries Li-ion. Suffisant pour fournir une vitesse maximale sur route de 90 km/h, ou 40 km/h en tout-terrain. Autre atout du ROBBOX : il peut êttre accroché derrière un véhicule et suivre de grands déplacements sans consommer son potentiel. Quand la situation le nécessite (zone potentiellement minée ou dangereuse), il peut être décroché en mode automatique (sans débarquement de l’équipage qui reste ainsi protégé) et poursuivre la mission en mode télécommandé ou robot.
 
Nexter Robotics est quant à lui chargé de fournir le système de commande. Fort de son expérience, cette division du groupe Nexter a développé non pas un, mais trois modules différents. Outre le module de base, sorte de manette uniquement destinée à diriger le Robbox, l’utilisateur peut également opérer au départ d’un module intermédiaire embarqué sur véhicule avec liaison de données caméras et IHM opérateur. Enfin, un module dit « adapté », conçu avec l’utilisateur (comprenez : les Armées), intègre toutes les fonctions robotiques avancées : du suivi automatique de points jusqu’au suivi d’individu, en passant par le balayage de zone automatique ou encore de l’auto-apprentissage mission. Un véritable couteau suisse sur roues, pour résumer l’éventail de capacités.
 
Alors, mission réussie ? Il ne nous appartient pas d’y répondre mais SERA Ingénierie veut y croire. Car les opérationnels n’ont pour l’instant « pas “essayé” de robot de ce gabarit. Ils n’utilisent actuellement que les robots de petite taille type NERVA, MINIROGEN, DROGEN. Un robot du gabarit de notre ROBBOX est une nouveauté avec ses potentiels de charge utile », nous déclare Beaussant. La PME mettra donc une ou deux plateformes à disposition de l’armée de Terre pour des évaluations du besoin opérationnel au sein du Battle Lab Terre. En partenariat avec Nexter Robotics, SERA confierait deux à trois modules de mission différents, à savoir la Mule, pour l’allègement et l’EVASAN ; la variante « ouverture d’itinéraire » avec module anti-mines ou IED ; et le Rondier pour la surveillance de bivouac ou de site sensible.
 
« Il s’agira de définir comment utiliser cette nouvelle capacité et voir quelles sont les évolutions à apporter pour mieux répondre au besoin. Les Forces Terrestres pourront ainsi établir leur concept d’emploi de la robotique et exprimer leurs besoins pour acquérir des robots de ce gabarit en complément des plus petits, élaborant ainsi la trame robotique », ajoute Beaussant. Le dialogue avec l’armée de Terre doit maintenant se poursuivre en vue de préciser les différentes versions susceptibles d’être évaluées au sein du Battle Lab Terre. Dans l’intervalle, SERA poursuivra le développement de la plateforme et Nexter de la couche commande, en vue d’une mise à disposition des forces terrestres début 2019, accompagnée d’un soutien sur le lieu de test.

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