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L’engin intrigue et fait un peu rêver les passionnés de tout-terrain extrême : le VHM, acronyme de Véhicule à Haute Mobilité, est à ce point performant qu’il a fait plusieurs émules à l’étranger, notamment chez les Russes et les Chinois. Au 2e Régiment Etranger de Génie (2ème REG), ses utilisateurs ne boudent pas leur plaisir.
 

Le colonel de Boisfleury, chef de corps du 2e Régiment Etranger de Génie, devant un VHM lors des répétitions exécutées sur l'ancienne base aérienne de Brétigny, le 12 juillet, en prévision du défilé de 14 juillet 2018 (photo : Forces Operations).

Le colonel de Boisfleury, chef de corps du 2e Régiment Etranger de Génie, devant un VHM lors des répétitions exécutées sur l’ancienne base aérienne de Brétigny, le 12 juillet 2018, en prévision du défilé du 14 juillet (photo : Forces Operations).


 
Commençons par poser le décor. Commandé depuis 2017 par le colonel de Boisfleury, le 2e Régiment Etranger de Génie (2e REG) est le régiment de génie combat de la 27ème Brigade d’Infanterie de Montagne (27e BIM). Il a été créé en 1999. Il est l’un des héritiers des dix-huit formations du génie de la Légion étrangère en Indochine et participe à la conservation du patrimoine indochinois du 5ème Régiment Etranger d’Infanterie (5e REI), le « régiment du Tonkin » (en témoignent les noms donnés à certains de ses transports d’engins : Cao Bang, par exemple). Depuis sa création, il est stationné au quartier Maréchal Koenig, basé sur le plateau d’Albion, sur la commune de Saint-Christol (Vaucluse), à l’emplacement de l’ancienne base des missiles nucléaires stratégiques (base aérienne 200 Apt-Saint-Christol). Le 2e Régiment Etranger de Génie est composé de six compagnies totalisant un effectif de 920 hommes.
 
Ses missions au sein de la 27ème BIM sont l’appui à la mobilité (déminage, ouverture de passages, etc.), à la contre-mobilité (interdiction d’itinéraires, etc.) et au déploiement des unités de combat. La particularité de la brigade de montagne impose d’adapter les techniques à ce milieu exigeant et spécifique. Par ailleurs, le 2e REG expérimente la coopération interarmes au plus bas échelon afin d’apporter les savoir-faire du génie au contact, notamment dans le cadre du combat urbain.
 
Depuis sa création en 1999, il est présent sur les théâtres d’opérations extérieurs : Djibouti au sein de la 13ème DBLE, Afghanistan, Côte d’Ivoire, Guyane au sein du 3ème REI, dans les Balkans (Bosnie, Kosovo), Martinique, Liban avec l’opération Baliste (décidée par le président Jacques Chirac au mois de juillet 2006 : à la suite des bombardements israéliens des ponts du sud Liban, il fallait un régiment de génie combat disponible pour intervenir rapidement et efficacement dans la reconstruction des ponts à partir des ponts Bailey dont la conception remonte à la 2e guerre mondiale). Il a aussi servi en métropole, alors qu’il était à peine créé, dans le cadre du dispositif Orsec, fin 1999, à la suite de la tempête qui avait dévasté une partie de l’Europe. Le régiment intervient aussi régulièrement dans des opérations de sécurité intérieure, la plus récente étant le plan Vigipirate (opération Sentinelle).
 
L’engin qui focalise notre intérêt dans ces lignes est un descendant du M29 Weasel (belette) conçu par la société américaine Studebaker pendant la 2e guerre mondiale pour déposer des commandos américano-canadiens en Scandinavie, projet non concrétisé. Mais le Weasel a rendu d’innombrables services sur les théâtres d’opérations en Europe, dans le Pacifique et en Alaska. Sa version amphibie – le M29C – a beaucoup servi aux mains de la Légion étrangère en Indochine sous le nom de “Crabe”.
 
Studebaker M29 "Weasel" de la 39ème Signal Company, 26ème Infantry Division, dans la vallée de la Sarre, le 9 février 1945 (photo: US Signal Corps)

Studebaker M29 “Weasel” de la 39ème Signal Company, 26ème Infantry Division, dans la vallée de la Sarre, le 9 février 1945 (photo: US Signal Corps)


 
Le Bandvagn 210 Mk II en service dans l’armée française est dérivé du Hagglunds BV 206 LOG, dont une cinquantaine avaient été achetés dans les années 1990 et désignés VAC (Véhicules Articulés Chenillés). Acquis en 2011, les VHM remplacent les VAC au sein de la 27ème BIM (Brigade d’Infanterie de Montagne), dont fait partie le 2e REG. Hervé Morin, ministre de la Défense, annonçait alors la commande de 53 véhicules à haute mobilité (VHM), destinés aux unités de l’Armée de Terre. Il s’agissait d’une première tranche d’un marché d’un montant global de 220 millions d’euros (soutien compris) pour 129 engins, notifié le 18 décembre 2009 par la direction générale de l’armement (DGA) à la société suédoise Hägglunds AB (groupe BAE Systems). Il prévoyait à terme la livraison de 129 VHM. Une partie des travaux de réalisation des VHM allait être effectuée en sous-traitance par la société française Panhard, rachetée par Renault Trucks Defense devenu Arquus cette année 2018.
 
La version la plus récente de l’engin – désignée CSW (Crew Support Station) par Hagglunds – est dotée d’un poste de tir télécommandé (Remote Control Weapon Station, RCWS) qui peut recevoir divers types de mitrailleuse jusqu’au calibre 12,7mm (ce qui est le cas des VHM du 2e REG) ou un lance-grenade automatique de 40mm. L’engin se prête à l’intégration d’un vaste éventail de systèmes de commandement et de communications ; il a été testé selon tous les standards communs de compatibilité électromagnétique.
 
Blindé, le VHM offre une protection contre les munitions d’armes légères et moyennes, ainsi que contre les mines antipersonnel (pas antichar), les IED, etc. L’engin de 15,5 tonnes en charge offre une capacité d’emport de 2.240 kg : 630 kg dans le module avant et 1.610 kg dans le module arrière. Le module avant reçoit le chauffeur et le chef de véhicule ; deux places sont disponibles à l’arrière. Le second module peut accueillir huit hommes.
 
Le moteur est un Cummins diesel 6 cylindres en ligne de 6,7 litres développant 210 kW/285 hk/970 Nm. Il est couplé à une boîte automatique Allison à 6 rapports avant et 1 arrière. Vitesse maximum : 70 km/h. L’autonomie est d’environ 350 km sur route. En tout-terrain, on ne peut que l’estimer en fonction de l’environnement.
 
Légionnaire du 2e Régiment Etranger de Génie au volant d'un VHM à Brétigny, lors d'une répétition pour le défilé du 14 juillet 2018 (photo : Forces Operations).

Légionnaire du 2e Régiment Etranger de Génie au volant d’un VHM à Brétigny, lors d’une répétition pour le défilé du 14 juillet 2018 (photo : Forces Operations).


 
En plus de servir en montagne, le VHM est le seul véhicule apte à évoluer dans la jungle guyanaise lors des opérations de sécurisation de zone précédant le tir de fusées Ariane. Il fait merveille aux mains du 2e REG et des images spectaculaires méritent d’être montrées. Ce que Forces Operations espère avoir un jour le plaisir de faire…

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