C’est une victoire majeure pour UNAC. Cette PME française a été retenue mi-décembre par la Direction générale de l’armement (DGA) pour livrer le futur robot d’investigation (ROBIN) aux sapeurs de l’armée de Terre, un marché qu’elle décroche en partenariat avec Safran Electronics & Defense.
Mise à jour au 26/01/26 : Ce marché a été attribué le 17 décembre. Le duo UNAC-Safran l’emporte face à quatre concurrents et décroche un accord-cadre de près de six ans dont le plafond financier est fixé à 45,5 M€.
UNAC devient « le premier industriel de défense en France à produire en série un véhicule robotisé de ce gabarit pour l’armée de Terre », s’est félicitée l’entreprise gardoise tout en restant discrète sur le calendrier et le montant du contrat. Hormis l’expérience déjà acquise dans le génie, la PME et son partenaire proposaient la meilleure offre technique et économique, nous explique-t-on.
Comme annoncé à l’été dernier, jusqu’à 34 robots ROBIN seront produits au profit de tous les régiments du génie. Seules les deux têtes de série relèvent de la tranche ferme, deux prototypes destinés aux essais conduits par la DGA et l’armée de Terre. Le reste découle de deux tranches conditionnelles de 16 exemplaires à affermir par la suite. Des systèmes supplémentaires pourront être acquis au travers de bons de commandes, précise UNAC.

UNAC l’emporte face à quelques grands noms de la filière de défense terrestre. Arquus, KNDS et Soframe étaient également en lice pour ce programme visant à doter l’armée de Terre d’un robot lourd taillé pour les opérations de levée de doute et d’exploration de zones à risque. La solution retenue aura pour principale charge utile un bras robotisé rotatif doté d’une capacité de levage de 120 kg à 3,8 m. Derrière ses caméras intégrées pour l’observation, ce bras sera équipé d’outils spécialisés, à savoir une pince, une grille une soufflette. Téléopéré, le futur robot ROBIN sera également tractable par le blindé 6×6 Griffon de la famille SCORPION.
UNAC n’aura pas dû aller chercher bien loin pour concevoir sa plateforme. Robuste et rustique, son Fardier est aussi éprouvé depuis trois ans par l’armée de Terre. Plus de 200 exemplaires sur les 300 commandés ont été produits au profit de la 11e brigade parachutiste et des forces spéciales. Ce petit véhicule tout-terrain de moins de 2 tonnes, UNAC en a récupéré le châssis pour mieux le transformer en un système robotisé. Pour l’armée de Terre, ce choix permet au passage de rationaliser une partie du maintien en condition opérationnelle.
UNAC a misé sur Safran E&D pour apporter les briques de robotisation nécessaires. Le groupe français amènera une expertise construite de longue date, essentiellement au travers du projet de technologies de défense (PTD) FURIOUS confié en 2018 et complété l’an dernier par l’accord-cadre DROIDE. Ce « partenaire robotisation » aura pour mission de sélectionner et fournir l’interface homme-machine, de développer le logiciel de téléopération et de fournir l’électronique embarquée. Quant au pilote du marché, il lui reviendra d’assurer la conception, la fabrication et l’assemblage du système complet, d’intégrer les outils du bras et la téléopération, et de réaliser l’assemblage en série.
Crédits image : UNAC