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DefExpo 2012: le vertige indien

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Malgré un climat politique national tendu, la 7ème édition du salon indien de la défense DefExpo a ouvert ses portes hier dans une certaine euphorie. 335 entreprises indiennes et plus de 230 étrangères se bousculent sous les 35 degrés ambiant pour pénétrer un marché indien très prometteur. Il faut dire que l’Inde a des ambitions et surtout les moyens de ses ambitions. Les chiffres parlent d’eux même. 5ème importateur mondial d’armement ces dernières années selon une étude du très sérieux SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute), New Delhi doit passer en pole position dans les années qui viennent.

 

Les principaux importateurs d’armes sont la Russie suivie d’Israël, des Etats Unis; la France arrive, elle, en 4ème position.

 

Cette année, le budget de la défense indien, qui représente près de 2% du PIB, a déjà fait un bon de 17,6% pour s’établir à 38,68 milliards de dollars. Et les prévisions donnent le vertige : l’Inde affiche un budget d’acquisition de 100 milliards de dollars pour ses nouveaux programmes d’armement d’ici 2015! Un plan prospectif sur 15 ans pour la modernisation des forces armées indiennes devrait bientôt être publié.

 

Tous les domaines sont concernés, de l’aéronautique (Rafale) au naval (sous-marins Scorpène) en passant par le terrestre. Ce dernier secteur, bien que le plus “pauvre”, compte néanmoins un nombre impressionnant de compétitions lancées ou à venir. “Nous devons être prêt à faire face aux défis futurs menaçant notre souveraineté et l’intégrité de notre territoire. Nos forces armées ont besoin d’avoir accès aux dernières technologies de défense. Les efforts du gouvernement se focalisent sur la modernisation de nos forces armées” annonçait hier le Ministre de la Défense indien AK Antony durant l’inauguration du salon.

 

Avec plus d’un million de soldats, l’armée de terre indienne affiche aujourd’hui des équipements vieillissants. Or, la Chine préoccupe, le Pakistan menace, et le terrorisme frappe, sans parler de conflits “ouverts” au Kashmir et dans le nord-est du pays.

 

Depuis 10 ans, l’armée de terre passe à côté de sa modernisation. Affaires de corruption, procédures lentes, repoussées, lourdeur administrative… les programmes tardent. Résultat, les besoins deviennent aujourd’hui urgents. Drones, hélicoptères d’attaques, de transport, légers, véhicules de transport, blindés légers, véhicules blindés de combat d’infanterie, munitions, systèmes de défense aérienne, systèmes d’artillerie, numérisation de l’espace de bataille, fusils d’assaut, chars d’assaut… les besoins touchent toutes les armes.
Mais voilà, les indiens veulent faire les choses bien et profiter de leur taux de croissance qui flirte avec les 10%. L’objectif: développer leur industrie et acquérir des compétences. Conséquence: l’accès au marché pour les industriels étrangers se pait cher. Les investissements étrangers directs ne peuvent dépasser 26% tandis que les transferts de technologie atteignent souvent 50% du montant des contrats. S’associer avec des partenaires locaux est un ticket d’entrée obligatoire. Autre chantier national: l’énorme machine étatique souhaite se moderniser. La tâche est ardue car les arsenaux d’états sont légions. L’OFB (Ordnance Factory Board) chapeaute plus de 40 usines tandis que la recherche indienne, le DRDO compte pas moins de 50 agences…

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