Deux contrats viennent d’être attribués à autant de consortiums pour la construction d’une première série d’infrastructures destinées à la maintenance des véhicules Griffon, Jaguar, Serval et autres systèmes d’artillerie CAESAR acquis ou bientôt acquis dans le cadre du partenariat franco-belge CaMo.
C’était l’un des investissements majeurs inscrits dans le budget 2025 de la Défense : près de 230 M€ viennent d’être investis pour construire de nouvelles infrastructures à Bourg-Léopold et Marche-en-Famenne, terres d’accueil de plusieurs bataillons de manoeuvre, des quartiers-généraux de la brigade motorisée et d’une partie des quelque 500 plateformes acquises à ce jour au travers de CaMo.
À chaque quartier son maître d’oeuvre, indique un avis de marché publié ce matin. Au consortium « Cordeel » l’adaptation de Bourg-Léopold pour un peu plus de 114 M€. À l’équipe baptisée « Be Mo Team » le lot relevant de Marche-en-Famenne pour un montant pratiquement identique. Si la composition du second n’est pas détaillée, le premier est emmené par un acteur bien connu de la Défense. Ce groupe flamand est notamment à la manoeuvre dans la construction du complexe qui accueillera les drones MALE MQ-9B SkyGuardian, dont le premier système est attendu ce mois-ci.
Lancé en 2023, ce projet « Design, Build & Maintain » prévoit la construction de trois types d’infrastructures. Primo, des complexes de maintenance comprenant des ateliers techniques, une zone de stockage et des alvéoles de maintenance pour jusqu’à 46 véhicules côté flamand et 40 côté wallon. Secundo, des bâtiments de remisage pour accueillir 126 véhicules à Bourg-Léopold et 123 véhicules à Marche-en-Famenne. Et tertio, deux complexes de simulation prévus à des fins d’entraînement.
Le marché comprend quelques spécificités. Seul le complexe de Marche-en-Famenne sera en effet doté d’une station de lavage pour les véhicules, quand les simulateurs de Jaguar seront concentrés à Bourg-Léopold. Il prévoit également une phase de maintenance des infrastructures sur 20 ans, dont la moitié sous forme d’option.
Selon le calendrier initial, les travaux devraient durer 20 mois pour aboutir sur une réception définitive à l’automne 2029. Chaque quartier devrait par ailleurs héberger une antenne décentralisée mise en place par le trio industriel du projet LS2, seul en lice pour réaliser la maintenance, sur 30 ans, de l’ensemble des matériels majeurs de la Force Terrestre.
D’autres projets d’infrastructures destinées aux futurs matériels CaMo sont programmés par la suite au profit des quartiers de Lombardsijde et Spa, puis d’Amay, Bucht et Brasschaat. Le tout pour une enveloppe estimée, en 2023, à 386 M€.
Crédits image : Défense belge / Gert-Jan D’haene