Servir jusqu’à 72 ans devient possible pour les cybercombattants

Crédits image : ministère des Armées

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Il sera désormais possible de servir dans la réserve opérationnelle de cyberdéfense jusqu’à 72 ans, résultat d’un amendement parlementaire ajouté à la loi de programmation militaire pour 2024-2030. 

Plus de 5000, c’est le nombre de cybercombattants dont disposera le commandement de la cyberdéfense (COMCYBER) en 2030, contre 3600 aujourd’hui. Le défi en termes de recrutement et de fidélisation est d’autant plus grand que « le cyber est un secteur en forte tension où il est difficile de trouver suffisamment de personnels qualifiés », constatait la députée MoDem Sabine Thillaye, à l’origine de cet amendement adopté fin mai. 

L’une des solutions sera d’étendre à 72 ans la durée possible d’engagement dans la réserve opérationnelle. La mesure, déjà adoptée dans le secteur médical et pour certaines fonctions spécialisées de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), sera élargie au domaine cyber dans la prochaine LPM. 

« Repousser l’âge permettrait, in fine, d’avoir un plus grand nombre de réservistes », estime Mme Thillaye. Et faciliterait l’atteinte de l’objectif de 500 réservistes actifs au profit du COMCYBER, contre 300 actuellement. La mesure permettra également au personnel « avec une très forte expérience dans le cyber de continuer à assurer la sécurité nationale », souligne la députée MoDem. 

« Principal défi » et « principale richesse » du COMCYBER, les ressources humaines sont l’une des trois « lignes d’opération » tracées par son commandant, le général Aymeric Bonnemaison, lors de sa prise de fonction en septembre 2022. Cet effort sur la réserve ne sera pas de trop pour renforcer une capacité dans laquelle le gouvernement a prévu d’investir 4 Md€ au cours de la prochaine LPM. 

Reste à corriger plusieurs handicaps, dont celui de la fluidité du recrutement, « qui pâtit parfois, notamment dans la réserve, de lourdeurs administratives », pointait le général Bonnemaison dans une récente audition parlementaire. Les salaires, moins compétitifs que dans le secteur privé, en sont un autre. « Des travaux sont en cours pour améliorer la situation », annonçait-il. 

Crédits image : ministère des Armées