Le RapidFire commence ses évaluations

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FOB le dévoilait il y a quelques mois. Depuis, le nouveau concept de Thales du canon anti-aérien, officiellement dévoilé durant Eurosatory a reçu un nom : « RapidFire ». Le renouveau du canon de défense aérienne suit son petit bonhomme de chemin et le système part dans les jours qui viennent pour plusieurs mois d’évaluation. Ces essais seront menés à la fois par l’armée de l’air, la DGA ainsi que l’armé de terre. Cette période de test fait suite à une campagne d’essais déjà réalisée en mai 2011 sur les performances du canon lui-même. La phase d’essai qui débute et qui s’achèvera à la fin de l’année visera à évaluer plus complètement le RapidFire, qu’il s’agisse de sa mobilité ou de l’ergonomie du système.

Pas de contrat encore signé pour le nouveau système anti-aérien, basé sur le novateur et performant canon de 40 mm CTA (cased telescoped ammunition), mais de sérieux prospects, confiait à FOB un responsable de Thales. Des discussions seraient même « bien engagées » dans des pays d’Asie, du Moyen-Orient voir même d’Amérique du Sud. Les pays d’Amérique Latine se réarment, notamment poussés par le Venezuela, qui depuis 2006 reçoit toute une panoplie d’aéronefs, de Sukhoi russes SU30MK aux hélicoptères d’attaque léger K-8 d’origine chinoise. Précis et mobile, le RapidFire pourrait être un élément dissuasif de toute intrusion dans un espace aérien…

La munition adaptée à l’utilisation anti-aérienne du canon à l’origine terrestre de 40 mm s’appelle l’AAAB pour Anti-Aerial Air Burst. La masse du projectile a été revue, la quantité de poudre a été savamment dosée pour atteindre une portée de 4000 mètres. La charge militaire est configurée dès le tir pour exploser à une certaine distance. Il ne s’agit donc pas ici d’une munition dite « hit-to-kill ». L’obus explose à proximité de la cible et libère un nuage de fragments de tungstène, suffisant pour endommager la cible. Les essais réalisés au mois de mai de l’année dernière ont révélé la précision du canon : « un à deux obus suffisent pour détruire une cible ». La munition AAAB est en cours de développement, financée sur fonds propres par Thales et CTA International (Joint Venture entre BAE System et Nexter).

Rappelons que le canon de 40 mm est associé à un radar de surveillance de Thales de la famille GroundMaster, le GM60; ainsi qu’à un C2, un centre de commandement et de contrôle tactique, qui reçoit les pistes du radar de détection aérienne et donne l’ordre de tir au canon le mieux placé. Un système complet est constitué de 4 à 6 pièces de 40 mm (sur châssis Soframe); un radar GM60 ainsi qu’un C2. Reste que chaque canon étant équipé d’un dispositif comprenant camera jour/ infra-rouge (vision nocturne)/ détecteur laser (évaluation distance), une pièce peut seule engager une cible.

 

crédits photo: GB