La PME française Merio, l’un des maillons de la filière drone française, est en passe d’être racheté par le groupe chypriote Theon International, a annoncé ce dernier cette semaine.
Officialisé ce lundi, l’accord prévoit l’acquisition par Theon d’une participation « initiale » de 80% dans Merio auprès de son unique actionnaire, RPL Développement. Soumise aux règles habituelles entourant ces procédures, la transaction sera financée au travers d’un emprunt et de la trésorerie disponible, indique le groupe spécialisé dans les solutions optroniques portables et embarquées.
Spécialiste des tourelles gyrostabilisées, Merio s’est notamment fait un nom en montant à bord du système de mini-drone de renseignement (SMDR), nom de baptême du Spy’Ranger de Thales dans l’armée de Terre. Fondée en 2014, l’entreprise de Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme) a aujourd’hui livré plusieurs milliers de tourelles et déploie sa gamme tant dans l’aérien que pour les systèmes terrestres et navals, robotisés ou non. Sa solution Zephyr 25, par exemple, vient d’être intégrée sur le drone de surface Magellan du chantier naval français Couach. Sa quarantaine d’employés amène également l’agilité lui permettant de répondre rapidement à des besoins « spéciaux », tel que celui démontré durant l’exercice ORION.
Merio devrait générer un chiffre d’affaires de 15 M€ en 2026, précise Theon. Ce dernier affiche pour sa part des indicateurs financiers au beau fixe. Son carnet de commandes a encore augmenté au 1er trimestre de 2026. Il s’élève désormais à plus de 1,42 Md€, de quoi soutenir la stratégie d’expansion visée à l’horizon 2030. Après avoir finalisé l’acquisition de l’entreprise allemande Kappa Optronics et de près de 10% des parts du groupe français Exosens pour 268 M€, l’entreprise a inauguré le mois dernier une nouvelle filiale belge dans la banlieue de Bruxelles.
Cette nouvelle transaction « devrait accélérer la diversification de nos revenus alors que nous progressons vers notre objectif d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2029. Parallèlement, elle témoigne de notre intérêt et de notre engagement envers la France, l’un des plus grands marchés de la défense en Europe, notre objectif étant de faire de Theon un acteur majeur des exportations françaises », déclarait le PDG et fondateur de Theon, Christian Hadjiminas.
Pour le président et CTO de Merio, Rémi Plenet, l’opération devrait se traduire par « une forte expansion de nos exportations, soutenue par leurs excellentes capacités de développement commercial et leur présence industrielle mondiale. En rapprochant nos deux départements de R&D, nous espérons accélérer le développement de nouveaux produits. Nous souhaitons également internaliser l’approvisionnement en composants critiques, renforçant ainsi notre chaîne d’approvisionnement et notre avance technologique ».
Hasard du calendrier, ce projet de rachat intervient fond d’alerte parlementaire quant aux risques liés à la prise de contrôle étrangère d’acteurs stratégiques de la filière de défense française. Un risque qui, dans ce cas-ci, semble a première vue limité au vu des liens étroits qui unissent la France et Chypre. Les deux pays ont encore approfondi en décembre 2025 en signant un accord de coopération stratégique majeur, notamment dans les domaines économique et sécuritaire.
Le patron de Theon se veut quant à lui rassurant. « Merio sera dirigée par la même équipe de direction et le même fondateur et co-propriétaire que tous nos autres investissements. La contribution de Theon consistera à accroître les exportations de Merio, à l’instar de ce qui est déjà réalisé chez Kappa et Harder Digital, et à coordonner les efforts de R&D entre les deux entreprises », assurait-il.
Crédits image : Merio