Deux nouvelles munitions téléopérées sont venues densifier le portfolio déjà bien dense du groupe MBDA. Dévoilées cette semaine au salon de défense Sea Future, ces MTO HARPAX Mini et Small sont les premiers membres d’une gamme destinée à répondre en priorité au besoin exprimé par l’armée italienne.
Deux millénaires séparent l’harpax, ce grappin lancé par les légions romaines pour harponner un navire ennemi, de sa déclinaison actuelle. L’origine italienne reste, mais l’arme antique prête cette fois son nom à de nouvelles MTO héritées des enseignements de conflits autrement plus récents, à commencer par celui opposant l’Ukraine et la Russie. Globalement dépourvue, l’armée italienne s’y intéresse à son tour. La réponse de la branche italienne de MBDA à ce qui doit encore être traduit en besoin opérationnel ? Les MTO HARPAX Mini et Small.
Avec sa taille restreinte et sa configuration en quadcoptère, la version Mini sera davantage fléchée vers un usage dans l’espace exigu des zones urbaines. Celle-ci dispose d’une portée de 5 km, d’une autonomie de 20 min et d’une vitesse flirtant avec les 50 km/h. Sa masse inférieure à 2,5 kg inclut une charge à fragmentation d’environ 500 grammes, de quoi neutraliser plusieurs combattants ou des véhicules légers.
Tirée depuis un lanceur pneumatique, l’HARPAX Small dispose d’au moins 25 min d’autonomie. Une fois déployée, cette MTO de 8 kg et de 1 m d’envergure emportera une charge à fragmentation de 1,5 kg dans un rayon de 15 km. De quoi notamment « traiter » des véhicules faiblement blindés. Bien qu’elle soit présentée comme une munition, cette version Small bénéficie d’un nez interchangeable. La charge utile peut donc être rapidement modifiée selon le principe du « plug and play », la tête militaire se substituant à différents capteurs pour basculer sur des missions d’observation ou de reconnaissance.
La gamme HARPAX partage aussi des caractéristiques communes. Derrière une capacité à opérer de jour comme de nuit, un transport à dos d’homme et un déploiement en moins de 5 min, les deux MTO partagent un degré d’autonomie bien supérieur à celui adopté pour leurs cousines françaises de la famille Akeron. Toutes deux disposent par exemple d’une fonction avancée de détection et de suivi de cible autonome, ainsi que d’une capacité de frappe autonome basée sur des algorithmes. Elles sont par ailleurs présentées comme deux éléments d’une bulle tactique dans laquelle elles sont appelées à coopérer tant entre elles qu’avec d’autres vecteurs, capteurs et opérateurs présents dans les airs et au sol.
Si l’effort est poussé par les forces terrestres, celui-ci « pourrait potentiellement être également étendu à la marine italienne », précise Michele Di Nunzio, directeur des ventes Italie au sein de MBDA, au micro de Naval News. Derrière une future participation à un exercice conduit par les marins italiens, MBDA imagine l’application dans ce segment comme pouvant éventuellement reposer sur une plateforme navale dédiée conçue pour emporter et lancer ces MTO de manière autonome.
Plutôt que de réinventer la poudre, la filiale italienne de MBDA a fait le pari de mobiliser les savoir-faire de quelques partenaires locaux, accélération du développement, réduction des coûts et sécurité d’approvisionnement à la clef. Ainsi, le fuselage de l’HARPAX Mini est fourni par l’entreprise ombrienne Siralab Robotics tandis que sa « grande soeur » est inspirée du système SR-X1 du droniste toscan Sky Eye System. Les têtes militaires viennent quant à elle de la branche munitionnaire italienne de KNDS. Déjà évaluées en début d’année par l’armée italienne, ces deux MTO ne seraient qu’un début pour MBDA. L’objectif semble en effet d’étendre la famille avec une, voire deux nouvelles références.