Londres et Paris mutualisent officiellement leurs filières missiles

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Après six années de négociations, le projet de rationalisation industrielle de MBDA est désormais scellé, ont annoncé le ministre de la Défense français Jean-Yves le Drian et son homologue britannique Michael Fallon à l’occasion de le 6e conférence de Défense organisée par le Conseil franco-britannique les 16 et 17 novembre 2016.
 

(Crédit photo: MBDA)


 
Cette annonce « ouvre la voie à une véritable interdépendance dans un secteur hautement stratégique et à une rationalisation industrielle entre les deux pays », s’est félicité aujourd’hui le ministère de la Défense français. De son côté, Fallon a profité de l’occasion pour rappeler que le projet « OneMBDA » permettra de soutenir 400 emplois sur les sites de Stevenage et de Bolton de MBDA UK.
 
Pour rappel, OneMBDA vise à optimiser les investissements par des gains de synergie et la réduction d’environ 30% des coûts de développement en spécialisant ses sites franco-britanniques par compétences. Nous vous avions expliqué les détails dans notre article du 6 octobre dernier.
 
 
Grâce à cet accord, MBDA, qui revendique un chiffre d’affaire annuel de 3 Md€ et près de 25% de part du marché global (apart la Russie et la Chine) dans le secteur des missiles, pourra désormais consacrer davantage de ressources au marché extra-européen et consolider par la même occasion son second rang mondial, derrière l’américain Raytheon.
 
Par ailleurs, si OneMBDA est un exemple de mutualisation des ressources, cette initiative ne concerne néanmoins que deux des quatre pays impliqués dans MBDA. En effet, le missilier européen devra non seulement gérer le pilotage d’une structure à deux niveaux composée d’un sanctuaire franco-britannique et d’un « second cercle » germano-italien, mais devra également faire face aux sensibilités distinctes des deux gouvernements concernés.