La gamme de munitions du système 40CTAS de CTA International va accueillir une huitième variante. Un obus axé vers la lutte anti-drones, déclinaison devenue nécessaire pour exploiter tout le potentiel du canon de 40 mm produit cette co-entreprise formée par KNDS France et BAE Systems.
Le canon du Jaguar, du RapidFire ou encore du blindé britannique Ajax aura bientôt une nouvelle corde à son arc. CTAI planche en effet sur une seconde version de son obus « Kinetic Energy Airburst » (KE-AB), référence orientée vers la défense anti-aérienne très courte portée.
Développée sur fonds propres, cette munition KE-AB « P33 » entend répondre à un besoin export exprimé pour une nouvelle munition anti-drones rapidement disponible. Pourquoi « 33 » ? Parce qu’elle contiendra 330 grammes de pellets en tungstène pour constituer le nuage d’éclats destiné à détruire la cible adverse. Soit pile la moitié de la charge emportée par sa grande soeur, la KE-AB P66.
L’enjeu, selon CTAI, consiste « à proposer une variation autour de la logique du pellet en travaillant sur des tailles et des masses différentes pour traiter des cibles différentes ». Des pellets plus légers mais en nombre s’avèreront ainsi suffisants pour neutraliser de petits drones représentant aujourd’hui l’essentiel de la menace.
La P66 ne perd néanmoins rien de sa pertinence. Au contraire, elle conserve tout son intérêt face aux drones de classe supérieures, aux missiles et à certains aéronefs habités. Entre les deux variantes, la portée sera cependant différente : jusqu’à 3000 m pour une P33 axée vers des cibles moins véloces donc exigeant moins d’anticipation contre 4000 m pour la P66. La première aura également un coût à l’unité inférieur.
CTAI espère déboucher dans les deux ans. Cette KE-AB P33 atteindra une maturité technologique de niveau TRL 6 cette année. De quoi entrevoir la réalisation de premiers tirs de démonstration et une qualification industrielle d’ici fin 2026. Sauf écueil, un lancement sur le marché se concrétiserait courant 2027.
Si les perspectives à l’export ont justifié l’investissement, le client français concentre son intérêt sur la seule version P66. Baptisée « Anti-Aerial Airburst » (A3B) par le client français, celle-ci a désormais atteint le degré de maturité TRL 5. Les travaux se poursuivent, soutenus par cet avenant notifié pour parachever son développement, en théorie attendu courant 2027. Dans les faits, la démarche pourrait prendre un peu plus de temps. Quant à la munition purement airburst, la GPR-AB-T, sa qualification doit s’achever courant 2026, estime CTAI.
L’éventuelle adoption prochaine d’un RapidFire terrestre par l’armée de l’Air et de l’Espace, voire par l’armée de Terre, pourrait changer la donne. Leurs artilleurs seraient en effet davantage susceptibles d’affronter des micro-drones rarement rencontrés par des marins déjà pourvus de la tourelle RapidFire navale. La P33 trouvera alors tout son sens. L’adopter n’aurait par ailleurs aucun impact sur les systèmes 40CTAS déjà en service, l’évolution ne nécessitant qu’une adaptation logicielle.