L’armée de Terre passe la seconde sur les ballons captifs

Le ballon T-C60 d'A-NSE, doté d'une autonomie de 10 jours et capable d'emporter jusqu'à 50 kg de charge utile (Crédits : A-NSE)

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Après avoir longtemps tâté le terrain, l’armée de Terre semble prête à passer à l’échelle sur la question des ballons captifs. Selon un appel d’offres publié hier, elle projette l’acquisition d’une dizaine de systèmes à des fins d’observation et de surveillance.

Ce marché potentiel courra sur 12 ans. Il vise à doter l’armée de Terre « de ballons captifs offrant une capacité d’observation et de surveillance en temps réel, de jour comme de nuit et permettant de retransmettre ces informations (flux image) au profit des échelons de commandement ». La cible évoquée est d’une dizaine d’unités.

L’aérostat retenu sera installé sur une remorque pour pouvoir accompagner un détachement à l’extérieur d’une emprise. Pilote du programme, la Direction générale de l’armement (DGA) insiste sur la facilité d’emploi et la maintenance réduite pour autoriser un usage par des opérateurs non spécialisés. Il devra par ailleurs pouvoir être déployé de manière autonome lorsqu’utilisé en dehors d’une base.

Enfin, sa disponibilité « doit rester élevée malgré des conditions environnementales difficiles (vent, poussières, chaleur) et l’absence d’infrastructure dédiée pour le protéger ». Hormis le développement et la fourniture de solutions complètes – ballons, optroniques, remorques, système de soutien -, le marché comprend une tranche de soutien pour une dizaine d’années.

Les principaux atouts de cette technologie sont connus : rusticité, autonomie, permanence de l’observation, une altitude qui permet de s’affranchir des reliefs et de démultiplier la portée, etc. L’intérêt des armées françaises n’est donc pas neuf, mais l’emploi d’aérostats s’est jusqu’à présent limité quelques évaluations et déploiements ponctuels. C’est le cas de l’armée de Terre, qui y aura recours en Afghanistan sur base d’équipements loués aux Américains. Une expérience rééditée au Sahel, entre autres avec le déploiement en 2019 d’un ballon doté d’une boule optronique pour la surveillance des alentours de la base de Gossi (Mali).  

En pointe sur le sujet, la Section technique de l’armée de Terre dispose d’au moins un ballon captif installé sur remorque sur son site de Satory. Elle envisageait, également en 2019, d’évaluer la capacité de cet outil à servir de relais de communication pour les opérations menées par l’Aviation légère de l’armée de Terre (ALAT). Un an plus tôt, un ballon T-C60 avait été déployé avec le même enjeu lors de l’exercice Baccarat 2018.

Au moins trois industriels français se démarquent dans ce secteur de niche : A-NSE (Aero-Nautic Services & Engineering), Musthane et CNIM Air Space, issu du rachat d’Airstar Aerospace en mars 2019. Les solutions du premier ont notamment convaincu la MINUSMA, Frontex, les forces armées nigériennes et, l’an dernier, les forces armées allemandes. Le troisième a collaboré avec la DGA dans le cadre du programme CERBERE (Capacité expérimentale ROEM pour ballons et aérostats légers) et a lui aussi signé avec Frontex pour un dispositif de surveillance maritime intégrant deux aérostats.

Crédits image : A-NSE