L’armée britannique n’a pas tout donné…

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Avec 40 milliards de Livres Sterling d’économies sur quatre ans (48 milliards d’Euros), les militaires britanniques pensaient avoir suffisamment donné pour la rigueur budgétaire… Mais comme l’exprimait si bien Guynemer « lorsque l’on a pas tout donné, on a rien donné ». Les voilà donc partis pour un coup de rabot supplémentaire de 2 milliards de livres en 2012, de quoi permettre à Londres de faire face aux dépenses les plus urgentes.

Ce nouveau tour de vis arrive dans des circonstances particulièrement difficiles, alors que les forces britanniques endurent déjà un régime au pain sec et à l’eau, avec un moral au fond des rangers. La Royal Air Force ferme les escadrons, retirant notamment du service avec huit ans d’avance sa flotte de Harrier. La Navy met à la retraite quatre Destroyer Type 22 et le porte-aéronefs Ark Royal. La British Army perdra quant à elle 20.000 soldats dans les huit années à venir, avec à la clef le retrait de toutes ses bases allemandes et la dissolution possible de six de ses 36 bataillons d’infanterie. Le Régiment Para et ses trois bataillons serait dans le collimateur : que les parachutistes n’aient participé à aucune opération aéroportée depuis Suez (1956) fait douter certains de leur utilité réelle. Les paras britanniques forment toutefois un vivier pour les SAS ce qui leur a souvent sauvé la mise… Plusieurs autres régiments d’élite feront aussi les frais des réductions d’effectifs. On évoque notamment la réduction de 800 hommes sur les 3500 que compte la brigade Gurkha.

L’armée de terre britannique devrait perdre au total près de 18000 soldats et descendre à 82000 hommes et femmes. La Navy et l’Air Force perdront chacune 5000 hommes pour arriver respectivement à 32000 et 36000 personnes. Un autre chiffre résume l’ampleur du chantier à venir : les effectifs civils du ministère de la défense britannique seront réduits de 40% d’ici 2015, passant de 80.000 à 45.000.

Ce bouleversement arrive alors que le ton monte entre Londres et Buenos Aires à propos des iles Malouines, alias Falklands ou Malvinas selon l’hémisphère dans laquelle on vit. Quelques semaines avant le trentième anniversaire de cette guerre, les échanges acerbes se multiplient entre les deux capitales. Et ce n’est pas la visite prochaine du Prince Harry à Rio de Janeiro qui pourra arranger les choses, même si l’on prête beaucoup de qualités au jeune héritier en matière de rapprochement des peuples. Autre écueil, la présence du prince William à Port Stanley, capitale des Falklands, comme pilote d’hélicoptère de la RAF. Une présence dénoncée comme une provocation par les autorités argentines. Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent en Grande-Bretagne pour dire qu’en tout état de cause, le pays n’aurait plus aujourd’hui les moyens de remonter une expédition militaire dans l’Atlantique Sud comme il avait pu le faire en 1982…