FOB Interview : sergent Yohann Douady (2ème partie)

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Le sergent Yohann Douady, tireur d’élite au 2ème RIMA, publie « D’une guerre à l’autre » aux éditions Nimrod. Deuxième partie de l’interview dont la publication a commencé hier…

 

Quel impact peut avoir votre livre ?

 

Je sais que les épouses, les familles des militaires engagés en Afghanistan apprennent beaucoup de choses à sa lecture. Quand on rentre de mission, on n’aime pas trop parler. On ne veut pas inquiéter ses proches. Ce livre permet de répondre aux questions qui sont parfois mises sous le tapis… Les officiers apprécient également sa lecture, car ce livre leur permet de mieux appréhender la manière dont les ordres qu’ils donnent peuvent être perçus et exécutés par les sous-officiers et soldats.

 

« D’une guerre à l’autre » a-t-il influé sur votre vie quotidienne au 2ème RIMA ?

 

Rien n’a changé pour moi au régiment. Mes camarades étaient tous très curieux de savoir quand il serait publié. Et depuis la publication, on me demande comment il est accueilli, comment il se vend. On me signale des liens sur internet qui en parlent. C’est de la curiosité de bon aloi. Mais je ne ressens pas le poids d’une quelconque notoriété, dont de toutes façons je n’aurais rien à faire…

 

 

Comment a réagi votre hiérarchie à cette publication ?

 

Après que je lui eu expliqué le projet, le chef de corps du 2ème RIMA, le colonel Héluin, a donné son accord pour rédiger une préface. C’est une preuve de confiance extraordinaire. Fidèle à son habitude, il s’est personnellement engagé pour me permettre d’aller au bout de mon livre et il a tenu sa parole en rédigeant cette préface, après avoir lu les épreuves. Je sais également que ce livre évoque des moments très importants de sa carrière… Le colonel Héluin a passé son commandement au colonel Paczka alors que le livre partait à l’imprimerie. Le nouveau chef de corps a pris les choses en cours de route, ce qui n’était pas simple pour lui. Il m’a pourtant reçu longuement pour m’expliquer qu’il me soutiendrait également.

 

Le ministre de la Défense l’a-t-il lu ?

 

Je ne sais pas ! Ce que je peux vous dire, c’est que le ministre de l’agriculture m’en a acheté un exemplaire au salon du livre du Mans  qui s’est tenu à la mi octobre ! Le maire du Mans, qui avait eu l’occasion de nous rendre visite lorsque nous étions en Côte d’Ivoire, en a également acheté un à cette occasion. Mon éditeur en a aussi fait parvenir un exemplaire au CEMAT.

 

Comment voyez-vous la suite de votre carrière ?

 

Je suis toujours dans la section tireur d’élite de la Compagnie d’Eclairage et d’Appui. Mon contrat actuel m’emmène jusqu’en 2019. J’aurai alors 17 années et demi de carrière. Mais je suis en train de passer le BSTAT (Brevet Supérieur Technicien de l’Armée de Terre) pour devenir chef de section et sous-officier de carrière.

 

Pensez-vous écrire un autre livre dans quelques années ?

 

Les événements que je raconte dans mon livre sont suffisamment graves pour que je ne souhaite pas les vivre de nouveau, que ce soit dans d’autres lieux ou d’autres circonstances…