Bearnistan : le 1er RHC se prépare à Kaboul…

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Un JTAC (contrôleur avancé) indicatif Zippo, une patrouille indicatif Tiger… Un plastron dans la campagne béarnaise un pakol sur la tête, au volant d’un véhicule suspecté d’être un VBIED (Vehicle Born IED)…

 

Pendant toute la semaine dernière, les équipages de Gazelle du 1er RHC de Phalsbourg ont révisé leurs gammes dans les environs de Pau pendant l’exercice Bearnistan. Dernière ligne droite avant le grand saut, dernière étape d’une préparation opérationnelle étalée sur six mois au cours de laquelle tous les aspects d’une opex difficile ont été méthodiquement passés en revue. A partir de la fin du mois de mai prochain, le 1er RHC fournira donc la partie commandement et cinq équipages de Gazelle au Bathélico stationné à Kaboul. Le commandement du bataillon kabouli sera confié au lieutenant colonel Mouret, chef du bataillon hélicoptère de manœuvre et d’assaut (BHMA) du 1er RHC. Si le « 1 » sera régiment leader du Bathelico, il ne faudra pas oublier pour autant la participation du 5ème RHC de Pau qui fournira, comme toujours, les équipages de Tigre et de Cougar. Soit 40% environ des effectifs de l’unité. Ce n’est donc pas un hasard si le dernier niveau de la préparation à l’Afghanistan se joue à Pau, dans le pré carré du 5ème RHC avec le relief qui va bien pour simuler la Kapisa et la Surobi…

 

Depuis Pau, il est aisé de faire travailler les équipages en modules mixtes, comme cela se pratiquera sur le théâtre d’opération. Tigre, Gazelle et Puma (ces derniers simulant les Cougar et Caracal) enchaînent les missions qu’ils retrouveront à Kaboul. Appui-feu, escorte, évacuation médicale, renseignement destruction de VBIED… Les équipes du « 5 » ont monté les scénarios, aidés par la très riche expérience accumulée au cours des détachements précédents. Cinq missions sont lancées quotidiennement, dont une à la tombée de la nuit.  La puissance de feu (simulée) est apportée par le Tigre et les Gazelle : le premier avec son canon de 30mm et ses roquettes, les secondes avec leurs missiles Hot (seulement un missile par hélicoptère en plein été en Afghanistan !). Dans les scénarios déroulés, c’est toute l’ambigüité et la difficulté du détachement afghan qui sautent aux yeux : difficulté de déterminer les cibles, hantise du tir fratricide ou des dégâts collatéraux… Maladresse parfois du JTAC présent au sol, qui pose des exigences excessives (détruire en VBIED sans toucher la maison contre laquelle il est collé) ou qui fait preuve d’un trop grand dirigisme en imposant un axe d’attaque aux hélicoptères. « Si l’axe qu’il te propose ne te convient pas, n’hésite pas à lui dire en lui offrant une alternative » explique un jeune capitaine, qui a déjà l’expérience du théâtre, à son équipier. Au total, chaque équipage aura pu réaliser une dizaine de missions type « Afghanistan», le gilet pare éclat Ciras sur le dos pour ajouter au réalisme… Tous se sentent prêts à aborder la mission dont la nature devrait toutefois évoluer sensiblement avec la mise en retrait des forces françaises. « Peut-être feront nous plus d’escorte et moins d’appui-feu » s’interrogent les équipages. Pas certain toutefois que l’exposition moindre des forces françaises au sol se traduise par un détachement plus calme pour le Bathélico. Car des interventions plus nombreuses au profit de l’ANA (armée nationale afghane) sont également possibles… « A chaque mandat son lot de surprises » notent les anciens… « Une chose semble toutefois certaines : les insurgés cherchent actuellement à attirer les forces occidentales dans des situations propices aux dommages collatéraux. Cela exige de notre part beaucoup de réflexion avant d’agir et une connaissance parfaite des règles d’engagement ». 

 

Photo : des équipages du 1er RHC au briefing avant un départ en mission. crédit Frédéric Lert.