4000 postes civils pour renforcer la « troisième armée »

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(Crédit photo: EMA/SGA)


« Nous devons répondre à un véritable défi en termes de recrutement », prévenait en février dernier l’ex-DRH des Armées, Anne-Sophie Avé, en Commission de la défense de l’Assemblée nationale. Pour y répondre, le SGA et son nouveau DRH, le VEA Philippe Hello, doivent non seulement continuer à s’appuyer sur le monde civil, mais aussi et surtout sur de nouveaux leviers numériques. De la conjonction des deux résulte aujourd’hui une nouvelle campagne de recrutement de 4.000 civils entièrement digitale, une première pour le ministère des Armées.
 
Secteurs administratif, technique, social et paramédical… cette campagne entend renforcer quatre filières essentielles sous la bannière d’un nouveau credo : « Donnez un sens à votre carrière ». Avec ou sans concours, avec ou sans diplôme, les possibilités de recrutement couvrent un éventail extrêmement vaste de professions, à commencer par les métiers de l’infrastructure, l’informatique, la cyberdéfense, le renseignement et le maintien en condition opérationnelle aéronautique et terrestre. Car là où les Armées reconnaissent ne pas pouvoir rivaliser en matière de rémunération, celles-ci préfèrent vendre des valeurs propres au monde militaire, tels que l’engagement, la fraternité et l’exigence. « Nous ne pourrons jamais nous aligner, en matière de rémunération », admettait Anne-Sophie Avé, en citant l’exemple des « jeunes geeks » fraîchement diplômés. Face à l’attrait des GAFA, le ministère des Armées veut convaincre en proposant des contrats de trois à six ans qui permettront aux jeunes informaticiens de se réaliser pleinement en accomplissant des missions « utiles, valorisantes, qui ont vraiment du sens ». Mais avant de convaincre, encore faut-il atteindre. Exit la seule annonce classique dans un journal papier ou l’affichage ; consolider le pilier civil, cette « troisième armée », n’est aujourd’hui possible qu’en jouant, aussi, la carte du digital.
 
« Innovation » oblige, les équipes du SGA se sont notamment appuyées sur Youtube. Storytelling, codes couleur, vocabulaire adapté : dans une courte vidéo réalisée par le groupe parisien Rouge Vif*, les Armées déploient un arsenal de codes publicitaires destinés à éveiller les vocations et attirer les compétences rares. Activer des canaux digitaux « mainstream », facilement identifiables et accessibles de partout, permettra aussi de soutenir le recrutement local, aujourd’hui limité au stade de l’expérimentation. Centré pour l’instant sur l’engagement de profils ouvriers, cet ancrage local, s’il se généralise, serait « un véritable atout non seulement pour simplifier ces recrutements mais aussi pour remplir les trous, car une équipe incomplète est une équipe en souffrance », ajoutait Anne-Sophie Avé.
De 2.900 recrutements civils en 2015 à près de 4.000 aujourd’hui, l’effort consenti par les ressources humaines des Armées se veut être à la hauteur d’une LPM 2019-2025 ambitieuse.
 
Ce tempo devrait encore s’intensifier dans la prochaine décennie afin de faire face au départ prévu d’un tiers du personnel civil et de maintenir la nécessaire harmonie entre les piliers civils et militaires. Cet équilibre est d’autant plus essentiel que les Armées sont aujourd’hui plus que jamais engagées en OPEX et dans des missions intérieures. Quand tous les militaires sont mobilisés, les civils permettent de garder « la boutique ouverte pendant les travaux », rappelait alors Anne-Sophie Avé. Le SSA reste, à ce titre, un exemple particulièrement parlant. Pour faire face à la pénurie de médecins militaires, souvent projetés ou simplement attirés par les bénéfices de la fonction publique hospitalière, le SGA envisage sérieusement d’engager des contractuels civils. Reste à leur offrir des conditions d’emploi et de rémunération attractives, ainsi qu’à établir un « package social » d’accompagnement identique à celui adopté dans la fonction publique, en résolvant notamment les questions de logement et de primes.
 
Alors, intéressé ? Rendez-vous ici pour de plus amples informations.
*Qui devrait d’ailleurs remplacer le dessin de Sukhoi Su-30 aperçu à la 1’29’’ par un bon Rafale bien de chez nous.