109 CAESAR neufs pour entamer un nouveau chapitre de l’artillerie française

Crédits image : Nexter

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Après deux années de développement, le ministère des Armées a passé commande pour plus d’une centaine de canons CAESAR de nouvelle génération. Un contrat majeur pour la moitié française de KNDS et annonciateur du remplacement, en priorité, de canons AUF1 en fin de service opérationnel. 

Notifié le 30 décembre, ce contrat d’environ 350 M€ verra Nexter Systems (KNDS France) livrer 109 CAESAR Mk II neufs entre 2026 et 2030 et assurer les deux premières années de soutien. Soit un carnet de commandes qui s’étoffe considérablement et annonce un sursaut d’activité en perspective pour la ligne d’intégration de Roanne, chargée d’honorer la commande française en parallèle à celles émises par la Belgique et la Lituanie pour 28 et 18 systèmes livrés à partir de 2027.

« La commande de production génèrera près de 300 emplois répartis principalement sur les sites de KNDS (Roanne, Bourges et Toulouse), d’Arquus (Limoges), de Safran (Montluçon et Massy), d’Aubert et Duval (Ancizes et Firminy) », pointe le ministère des Armées dans un communiqué publié hier. 

De la mobilité à la connectivité et de la protection balistique à l’efficacité des tirs, les améliorations restent celles énoncées en 2022 au lancement en réalisation du programme. S’il conserve un système d’arme « qui a fait ses preuves en opération », le CAESAR Mk II disposera d’une nouvelle cabine au blindage amélioré et cette fois dotée de quatre portes, gage d’une meilleure agilité pour les servants. Il reçoit également une nouvelle motorisation de 460 CV et une nouvelle boîte de vitesse, le tout associé au nouveau châssis fourni par Arquus. 

Ce standard Mk II embarquera une nouvelle version du radar de vélocité conçu par l’entreprise danoise Weibel ainsi que la centrale inertielle Geonyx de Safran, promesse d’une géolocalisation et d’une précision de pointage accrues dans les environnements dépourvus de signal GPS. Autre apport moins visible mais potentiellement différenciant, une pompe hydraulique plus puissante permettant de descendre et de remonter le stabilisateur plus rapidement. Le système doit encore être éprouvé et le gain quantifié, mais l’évolution permettrait théoriquement de grappiller quelques précieuses secondes lors des manœuvres d’engagement et de désengagement. 

Enfin, sa cabine sera prédisposée à recevoir la vétronique de l’environnement SCORPION, tels que le poste radio NCT-t (noeud de communication tactique – terre) issu du programme CONTACT et le brouilleur anti-IED BARAGE de Thales, une technologie qui pourrait s’étendre à la lutte anti-drones et que la Belgique aurait quant à elle choisi d’intégrer nativement. 

D’ici au lancement de l’assemblage projeté pour fin 2025, le programme se poursuivra par des tests et autres essais de qualification. Trois exemplaires sont dévolus à ce cycle conduit par la Direction générale de l’armement. Le premier avait été livré à l’été dernier. Tous relèvent pour l’instant d’une version provisoire et seront à terme reconfigurés selon la version définitive. 

Actée avec un peu d’avance sur le planning mentionné il y a deux ans, l’acquisition des CAESAR affermit le scénario d’un renouvellement complet de la capacité plutôt que celui d’une rénovation du parc en service combinée à son renforcement. Se posera donc la question de l’avenir des 76 CAESAR Mk I de l’armée de Terre, dont 18 flambants neufs en cours de livraison. Entre une mise sous cocon au moins partielle, leur cannibalisation à des fins de MCO, une revente peu probable ou de nouvelles cessions à l’Ukraine bien plus probables, le ou les scénarios retenu(s) par l’armée de Terre ne sont pas encore connus.

Crédits image : Nexter/KNDS