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Premières munitions cette année pour l’opération ACCP

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Un premier lot de munitions destinées à compléter la trame antichar des armées est attendu en 2026. Qu’il s’agisse de NLAW, de Carl Gustaf M4 ou des deux en simultané, cette livraison permettra d’entamer la qualification d’une capacité complémentaire de l’AT4 F2 et du MMP.  

Inféodé au programme MMP à son apparition en 2024, le sujet « anti-char courte portée » (ACCP) est devenu une opération à part entière à l’automne dernier. Son enjeu est connu : densifier une trame composée d’un AT4 F2 aux effets limités et d’un MMP réservé aux cibles les mieux protégées en misant sur des solutions sur étagère. 

Les 64 M€ engagés l’an dernier auront permis de commander l’un des deux lots prévus à ce jour. Environ 430 M€ sont inscrits au budget 2026 pour matérialiser de nouvelles acquisitions. Si le premier lot participera à qualifier les matériels, le deuxième annonce quant à lui des livraisons annuelles entre 2027 et 2030. Une première capacité opérationnelle doit théoriquement être atteinte l’an prochain. 

Voilà un moment que les armées ont placé les cibles des contrats de munitions sous le sceau de la confidentialité. Idem, ou presque, sur les systèmes retenus pour ACCP. Seule certitude à ce stade, le programme vise à « équiper les groupes appui des sections de combat d’infanterie ainsi que les forces spéciales des trois armées et la force de protection air de l’armée de l’air et de l’espace ». Le programme est l’un de ceux visés par l’effort de renforcement des stocks de munitions inscrit dans le projet d’actualisation de la loi de programmation militaire. Les 8,5 Md€ potentiellement investis devraient ainsi soutenir une hausse de 45% du parc combiné de MMP et d’ACCP entre 2026 et 2030.

Servi par un combattant débarqué, un système ACCP doit également « permettre de faire face à la menace des chars modernes avec une portée d’au moins 700 mètres ». Tant le NLAW, conçu par Saab et produit par Thales, que le Carl Gustaf M4 répondent à cette définition. L’adoption du premier a été annoncée dès 2024. Aucun contrat n’a été officialisé depuis, mais les militaires français se font néanmoins la main dessus. Quelques-uns se sont ainsi rendus au Grand-Duché de Luxembourg en février pour une séance de formation à partir des simulateurs de l’armée luxembourgeoise, autre exemple d’échange facilité au travers d’un partenariat franco-belge CaMo désormais élargi. 

Le seul contrat médiatisé à ce jour dans ce segment reste celui portant sur le Carl Gustaf M4 de Saab Dynamics, notifié l’an dernier par l’entremise de l’Agence de soutien et d’acquisition de l’OTAN (NSPA). Là aussi, ni volumes, ni calendrier précis, mais la commande initiale ne serait, d’avis d’industriel, « pas significative » comparée à d’autres car bel et bien axée sur des actions de prise en main et de qualification. 

Produit par Saab Dynamics, ce canon sans recul de 84 mm est depuis longtemps dans le collimateur des militaires français, à commencer par les régiments de la 11e brigade parachutiste. Il ne manque en effet pas d’atouts. Contrairement au NLAW et à l’AT4 F2, il est également réutilisable, sa durée étant estimée à 1500 coups. Servi par un binôme, le Carl Gustaf offre une palette d’effets qui vient justement de s’étendre à une nouvelle munition antichar HEAT 758. Si la portée est réduite de 700 à 600 m par rapport à la munition HEAT 551C RS, sa charge tandem lui permet, selon Saab, de neutraliser les chars de dernière génération et les blindages réactifs de types Kontakt-1, Kontakt-5 et Relikt. 

D’autres chapitres pourraient venir s’ajouter à l’histoire naissante d’ACCP, la trame n’ayant pas vocation à être figée. L’armée de Terre ne s’interdit pas de changer de modèle en cours de route, à l’instar de la dynamique privilégiée pour les drones. D’autres pistes ont été, sont ou pourront être explorées, telle que celle d’un système Enforcer que MBDA a depuis longtemps vendu à l’Allemagne. 

Le lancement d’ACCP intervient également à l’heure où la France et la Suède travaillent à rapprocher leurs capacités antichars respectives. Ne manquait, côté suédois, que le MMP pour déboucher sur des trames identiques. Ce sera bientôt chose faite, l’entrée en service étant désormais « imminente » pour ce système développé conjointement depuis 2021 puis l’objet d’un contrat de série signé en 2025. 

Crédits : Saab

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