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Rallonger l'instruction pour se préparer à l'avenir

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Ce sujet a déjà été abordé à plusieurs reprises, les États-Unis semblent se préparer à un retour de la guerre conventionnelle. Outre de lourds programmes d’armement ultra-technologiques, l’armée de terre américaine souhaite se concentrer sur ses hommes : ils doivent être plus aguerris si ils veulent avoir une chance sur champ de bataille à haute-intensité.
 

Instructeurs de l'Army Combatives School en démonstration de combat à mains nues au Fort Benning. (Credits: Kristin Molinaro, The Bayonet)

Instructeurs de l’Army Combatives School en démonstration de combat à mains nues au Fort Benning. (Credits: Kristin Molinaro, The Bayonet)


 
Cela a été confirmé au cours de cette dernière semaine du mois de juin, l’an prochain l’instruction des recrues terriennes américaines, dite OSUT pour One Station Unit Training, passera de 14 à 22 semaines ! Selon le colonel Townley R. Hedrick, commandant de l’école d’infanterie, les changements apportés au programme visent à accroître la préparation des soldats, les rendant plus meurtriers et compétents avant leur première affectation. D’après le site officiel de l’US Army qui le cite, le nouveau programme OSUT comprendra une formation élargie sur les armes, une familiarisation accrue avec les véhicules, une formation approfondie sur les techniques combat et un cours de certification de 40 heures pour former au sauvetage. Logiquement aussi, avec l’allongement, le temps passé à s’entrainer de jour et nuit augmentera avec une priorité pour les manœuvres d’exercice et de cérémonie. De fait également, avec des formations plus longues le nombre de sergents instructeurs va augmenter permettant alors un meilleur « suivi individuel » des recrues.
 
Habituellement – depuis 44 ans très précisément, 10 semaines étaient consacrées à l’instruction de base quand les 4 suivantes étaient réservées aux compétences spécifiques du métier de fantassin. Ceci devait impérativement changer pour James Mattis qui s’y est attelé peu de temps après son arrivée aux côtés de Donald Trump en tant que Secrétaire à la Défense. Il est vrai que – à moins que ce soit une vue de l’esprit – les ministres chargés de la Défense et les représentants parlementaires semblent passer plus de temps à gérer les budgets et négocier les crédits nécessaires au financement des programmes d’armement qu’à s’intéresser à ce qui forme une armée : ses soldats. James Mattis pense à la vie de ses hommes, comme il pense à l’ennemi qui pourrait surgir un jour face à eux. Peut-être que depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ou de la Guerre de Corée, l’infanterie américaine a toujours eu à combattre contre des fantassins qu’elle pouvait assez aisément surpasser avec son équipement bien supérieur mais, chez Mattis, derrière ce regard solide de grand officier, l’on sent une peur bien humaine probablement commune à tous ceux qui ont commandé des hommes : et si ils tombaient sur plus forts qu’eux ? Si à force de tomber sur « moins forts qu’eux », ils se seraient trop longtemps reposés sur leur supériorité et que celle-ci ne vaudrait alors plus rien face à un ennemi d’un autre gabarit ?
 
Évidemment, Mattis et les responsables de l’US Army pensent à la Russie et à la Chine qui, en plus d’avoir une force combattante qui force au respect, commencent à effrayer avec des armements de plus en plus sophistiqués. En fait, entre une armée chinoise qui arrive à maturité, une armée russe qui s’est aguerrie encore et encore au fil des opérations extérieures, et l’avance technologique des États-Unis qui n’est plus chose certaine, en cas de conflit direct, l’imposante armée américaine ne sortirait peut-être pas victorieuse, et même si elle y parvenait elle y laisserait des plumes, soit beaucoup de ses soldats. Il ne s’agit pas seulement de gagner des batailles et des guerres, il s’agit surtout de pouvoir se relever ensuite. Alors, tout commence avec les nouvelles recrues et leur instruction. « Étendre OSUT c’est d’augmenter notre préparation et préparer l’avenir » explique le sergent-major Daniel A. Dailey, « Ce programme pilote est la première étape vers la réalisation de notre vision de l’Armée de 2028. Avec plus de temps pour s’entraîner aux tâches cruciales de l’infanterie, nous obtiendrons une plus grande létalité. »
 
Un entraînement pilote de cet OSUT amélioré doit débuter dès juillet, si les résultats confirment les dires des responsables de l’US Army – que les recrues ont une meilleure maîtrise des techniques et tactiques de combat – la première session de l’OSUT allongé s’étalera de juillet à octobre 2019. Dans le cadre du nouveau programme, les soldats recevront une formation renforcée sur la maîtrise des M4 réglementaires ainsi qu’aux mitrailleuses M240 et M249. Clairement, les recrues américaines tireront bien plus de balles et s’entraineront d’avantage au tir de nuit. Comme dit plus haut, l’accent sera également mis sur l’entraînement sur le terrain : les responsables de l’US Army veulent que les instructeurs ses concentrent d’avantage sur  les « répétitions d’entraînement tactique qui se concentrent davantage sur les formations d’escadrilles pendant les opérations de jour et de nuit » a indiqué le commandant de l’école d’infanterie. Individuellement, la recrue américaine devra progresser sur la navigation de jour et de nuit ainsi que sur le combat « ce qui améliorera la résistance physique et mentale ». Enfin, la formation sur les véhicules qui ne dure pas plus d’un jour avec la formation traditionnelle sera allongée de six jours : de la conduite à l’entretien, les Stryker et les Bradley n’auront plus de secrets pour les fantassins américains.
 
Répétition, aguerrissement, discipline : ce sont les maîtres mots de l’instruction nouvelle génération à l’US Army. Le « super-soldat », « plus expert et plus compétent » doit être en mesure de comprendre les ordres, de comprendre qui il est parmi les autres, ce qu’il peut faire, ce qu’il doit faire et surtout, il doit être en mesure de le faire correctement, alors, peut-être qu’en bonne entente avec son camarade, ils sauront surpasser l’ennemi et vaincre… de « gagner des guerres » comme on l’entend aussi bien de la bouche des responsables américains que de celle des responsables chinois.

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