Le budget de la Défense belge atteindra les 2% du PIB dès cette année, fruit d’un « accord de Pâques » obtenu vendredi dernier « tard dans la soirée » par le gouvernement fédéral. Des fonds générés via plusieurs mécanismes, dont l’impôt des sociétés prélevé sur les avoirs russes gelés.
Exit la classe des « mauvais élèves » de l’OTAN, le coup de pouce de 3,9 Md€ entériné vendredi dernier permettra d’atteindre en 2025 la norme exigée il y a plus d’une décennie par l’Alliance atlantique. De quoi porter les dépenses annuelles au-delà des 10 Md€, au lieu des 6 Md€ prévus jusqu’alors.
Le gouvernement prévoit d’activer plusieurs leviers pour abonder cet « effort supplémentaire conséquent ». Via les revenus fiscaux générés par les avoirs russes immobilisés en territoire belges, générateurs d’environ 1,2 Md€ reversé en aide militaire à l’Ukraine. Via les dividendes versés cette année à l’État belge par la banque Belfius, soit 500 M€ seraient entièrement fléchés vers la Défense. Enfin, quelque 2 Md€ seront exclus de l’objectif budgétaire grâce à la clause de sauvegarde autorisée par l’Union européenne en matière d’investissements de défense.
Supérieur aux premières marches budgétaires de la programmation militaire française, le sursaut n’en sera pas moins exceptionnel. La Défense reviendra l’an prochain à une hausse régulière. Les 21,3 Md€ supplémentaires annoncés pour la législature porteront son budget au-delà de 12 Md€ à l’horizon 2029, le double de l’enveloppe jusqu’alors définie pour 2025.
Encore faudra-t-il exploiter cette manne intelligemment. Le ministre de la Défense, Theo Francken, s’est donné jusqu’au 1er juillet pour élaborer un nouveau plan stratégique détaillant des investissements consentis autour de trois axes principaux : l’atteinte d’objectifs capacitaires otaniens bientôt mis à jour, la prise en compte des leçons du conflit russo-ukrainien et le renforcement du pilier européen de la défense et de la filière industrielle belge.
Reste que la dégradation rapide du contexte sécuritaire a rendu cette cible des 2% caduque. Les appels à un engagement bien supérieur se multiplient depuis l’an dernier. Exemple parmi d’autres, le secrétaire général de l’OTAN, le néerlandais Mark Rutte en appelait fin 2024 à rehausser cet objectif « jusqu’à au moins 4% ». « Ce gouvernement est conscient qu’il existe un risque très réel que la norme de l’OTAN de 2 % du PIB soit bientôt relevée. C’est pourquoi, après le sommet le sommet de l’OTAN à La Haye nous examinerons la nouvelle trajectoire et la suite que nous y donnerons », indiquait-il dans un communiqué.
Crédits image : Défense belge / Adrien Muylaert