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Eurosatory 2024 : dernière ligne droite pour le Griffon MEPAC

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Dernière ligne droite avant l’appropriation en régiment du Griffon MEPAC. Cette version destinée aux artilleurs entrera en service à compter de 2025, à l’issue d’une évaluation conduite par la Section technique de l’armée de Terre (STAT). 

La tête de série attendue pour fin 2024

Fin 2024, c’est l’objectif fixé pour la livraison du premier des 54 Griffon « Mortier Embarqué Pour l’Appui au Contact » (MEPAC) commandés début 2022 auprès du GME SCORPION formé par KNDS France, Thales et Arquus. Ce premier exemplaire de série sera fourni à la STAT pour la réalisation d’une évaluation technico-opérationnelle (EVTO), mise en situation réalisée dans différents environnements pour pouvoir répondre de son adéquation aux exigences définies au lancement du programme.

« Nous savons à quoi nous attendre », indiquait un officier de la STAT la semaine dernière au salon Eurosatory. De fait, l’équipe de marque a dès l’origine été associée au développement et suit les qualifications étatiques en cours du côté de la Direction générale de l’armement (DGA). Un processus également soutenu par une équipe de pièce détachée par l’école de l’artillerie de Draguignan (Var), la première formée sur MEPAC au sein de l’armée de Terre.

Une reçu fois le feu vert de la DGA, l’objectif sera d’achever cette EVTO puis de remettre un rapport final « juste avant le printemps 2025 ». Si la STAT évalue, il reviendra à l’état-major de l’armée de Terre (EMAT) de prononcer l’autorisation d’emploi. Il s’agira d’y parvenir « au plus vite » pour permettre aux régiments d’avancer dans la prise en main du système. Deux autres exemplaires seront néanmoins mobilisés dès leur sortie d’usine. Ils seront utilisés pour « former les utilisateurs, les maintenanciers, les instructeurs en école, bref tous ceux qui pourront disséminer la formation en interne des différents organismes », indique la STAT.

Le Griffon MEPAC équipera les six régiments d’artillerie « sol-sol canon » de l’armée de terre. Chacun percevra huit pièces, de quoi armer une batterie à deux sections et permettre de reverser les mortiers de 120 mm tractés dans l’infanterie. Si le 11e régiment d’artillerie de marine (11e RAMa) a été pressenti pour devenir la première unité transformée, le plan d’équipement n’est en réalité par encore validé. Progressives, les perceptions se concentreraient dans un premier temps sur deux régiments avant de poursuivre avec les quatre autres. Ce cycle d’appropriation sera achevé pour fin 2028. 

Côté industriel, il convient désormais d’être à l’heure au rendez-vous. Pour Thales, l’objectif principal pour 2024 consistera à livrer les 10 premiers systèmes 2R2M à KNDS France, en charge de leur intégration sur le Griffon. Le groupe français travaille par ailleurs au quadruplement de sa capacité de production annuelle de munitions de 120 mm, qui doit passer de 20 000 en 2023 à plus de 80 000 en 2026. Une dynamique dont bénéficiera l’armée de Terre, bénéficiaire d’un nouveau contrat du Service interarmées des munitions portant sur plusieurs plusieurs dizaines de milliers d’obus. Les premières livraison démarreront cette année et s’échelonneront jusqu’en 2029.

Crédits image : ministère des Armées
Un « mini CAESAR »

Bien que dissociée de la famille Griffon, la version MEPAC en reprend les grandes briques de motorisation, de châssis, d’autoprotection et de vétronique. Seul la tranche arrière diffère pour pouvoir accueillir le mortier semi-automatique 2R2M, solution dotée d’une portée de 8 à 13 km selon la munition. Le tout est opéré par une équipe de quatre combattants : un chef de pièce, un pointeur-pupitreur, un pilote et un chargeur-artificier. 

Entre le mortier Mo 120 RT et le MEPAC, le coeur du système – le tube et les munitions – ne change pas mais le gain opérationnel est majeur. Cette petite révolution, c’est encore la direction des études et de la prospective de l’artillerie (DEP ART) qui la décrit le mieux : « grâce à sa mobilité, à la protection de l’équipage et à l’automatisation du chargement et une cadence de tir supérieure, le MEPAC permettra un accompagnement de la manœuvre interarmes au plus près des contacts et d’engager des unités mortier dans des combats de haute intensité », explique-t-elle dans le dernier numéro de la revue Fantassins. 

Le MEPAC a par ailleurs été conçu de sorte à se confondre avec les autres variantes du Griffon. Une fois les trappes de toit fermées, difficile en effet pour l’oeil non entraîné de différencier ce modèle d’un autre. Sa rapidité d’exécution et sa précision sont grandement améliorées par rapport au Mo 120 RT. Trois minutes suffisent en effet à l’unité recevant une demande de tir pour se mettre en batterie, réaliser la mission de feu et quitter la position. Une performance similaire à celle des équipes armant le canon automoteur CAESAR. « Nous voyons une nette amélioration sur la précision des tirs. Un Mo 120 RT a besoin d’être ancré dans le sol. Au fur et à mesure des coups et en fonction du sol, il peut y avoir des mouvements parasites qui influent ensuite sur les tirs. Le 2R2M est quant à lui stabilisé de par son intégration sur le châssis », poursuit la STAT. 

Contrairement aux mortiers tractés, le Griffon MEPAC intègre une centrale inertielle qui garantit l’indépendance de chaque pièce. Exit donc le « front resserré » nécessaire pour l’orientation des pièces, place à un modèle où l’autonomie ouvre la voie à une dispersion et à une meilleure utilisation du terrain, deux paramètres participant à augmenter la discrétion et les chances de survie de la section. Complètement intégré au châssis Griffon, le système l’est aussi dans le système de conduite des feux ATLAS. « En gros, nous créons un mini CAESAR », résume la STAT. 

Le système a ses limites tant en matière de conception qu’en masse, mais le programme reste vivant et n’exclut pas certaines évolutions ultérieures. Ainsi, si le MEPAC embarque déjà 32 projectiles, « nous cherchons à en embarquer un peu plus en optimisant l’espace. Cela imposera des études un peu plus fines et des compromis ». De même, comment mieux protéger cet équipement à haute valeur ajoutée des menaces venues du ciel, à l’instar des munitions téléopérées ? Comment concevoir le ravitaillement annexe pour garantir le flux logistique, « un gros sujet dans l’artillerie en général » ? Autant de réflexions auxquelles s’ajoute celle d’une évolution de la gamme de projectiles pour accroître la portée et les effets du système. 

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