C’était l’une des promesses de l’accord décroché en janvier dernier : le gouvernement belge a entériné mi-juillet la création d’un fonds destiné à soutenir le secteur de la défense, dont la filière industrielle nationale.
Adossée à la Société fédérale de participation et d’investissement (SFPIM), cette filiale baptisée « SFPIM Defence » « servira de vecteur pour soutenir des investissements stratégiques dans les domaines de la défense, en ce compris le secteur aéronautique et aérospatial », indique le gouvernement.
Cette filiale spécialisée participera également à « la promotion des innovations à double usage, tant civil que militaire ». Le tout « en restant alignée sur les priorités des autorités fédérales et les ambitions européennes en matière d’autonomie stratégique, et en travaillant en étroite collaboration avec la Défense et les sociétés d’investissement régionales ».
Quatre projets d’arrêtés royaux actent sa création et ses statuts, de même que la nomination du conseil d’administration sur proposition du ministre des Finances, le Flamand Jan Jambon. Une question demeure, celle de l’étendue de son abondement. Alimenté par la vente de participations non stratégiques et le transfert d’actifs, ce fonds bénéficierait dans un premier temps de la vente d’environ 1 Md€ d’actifs. Une première tranche est attendue avant 2026. S’y ajouterait le transfert de toutes les participations de la SFPIM liées aux secteurs aéronautique et de la défense ainsi que la part détenue par l’État belge dans Euroclear.
La SFPIM détient en effet des parts dans une poignée d’entreprises belges, dont près de la moitié de BeLightning, cette co-entreprise créée par Asco Industries, SABCA et Sonaca Group et mobilisée pour le programme F-35. Elle possède également 10% du capital de John Cockerill Defense, 22% de Safran Blades et 9% d’Unifly, à l’origine d’une plateforme permettant l’échange d’informations entre pilotes de drones, autorités et autres usagers de l’espace aérien.
Reste que, si la création de ce fonds est un pas en avant, 90% des moyens qu’il génèrera devraient être orientés vers les projets d’acquisition stratégiques de la Défense. Il doit notamment permettre d’atteindre l’objectif fixé pour cette année de 2% du PIB alloués à la Défense. Le reste serait en théorie investi dans l’industrie de défense.
L’appui sera donc limité malgré les demandes répétées pour un meilleur accès au financement. Il n’est d’ailleurs pas le seul effort à consentir pour aboutir à une BITD belge consolidée. Plusieurs freins persistent pour une filière largement dépendante de l’export. À commencer, justement, par des règles d’exportation complexes et encore restrictives, une faible visibilité à l’étranger et ou encore un certain retard à l’allumage dans des domaines clés comme l’intelligence artificielle ou le quantique.
Crédits image : FN Browning Group