Vers le remplacement des Unimog belges

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Dans deux ans, la flotte belge de camions tout-terrain Unimog commencera à tirer sa révérence, laissant sa place à de nouveaux camions blindés légers et lourds. Une nouvelle phase primordiale pour la modernisation du dispositif logistique de la Défense, et pour laquelle un avis de préinformation a été émis le 25 janvier.
 

L’un des Unimog du Bataillon ISTAR de la Composante Terre (Crédit photo: Mindef/Daniel Orban)


 
S’agissant d’une étape préliminaire à l’appel d’offres, cette annonce de la Défense belge s’avère – sans surprise – avare d’informations. Il faut donc, une fois encore, se replonger dans la « Vision stratégique » de l’ancien ministre Steven Vandeput pour grappiller quelques détails. Ainsi, la somme des différents budgets alloués à l’achat de « camions légers blindés » et de « camions lourds blindés » culminerait à 276M€, dont la très grande majorité sera consacrée à la variante « légère ». Selon les jalons établis par la Vision stratégique, les premières livraisons devraient intervenir en 2021 et se conclure en 2024 pour la version lourde, et 2026 pour la version légère. Le lancement des procédures de passation est prévu pour la mi-juin de cette année.
 
Ces véhicules devraient à terme remplacer le parc d’Unimog U1350L, pendant belge du TRM 2000 en service au sein de la Défense depuis les années 1990. Acquis à des centaines d’exemplaires, ce camion tout-terrain avait été rapidement décliné en une poignée de variantes, dont les SCB (Surveillance du champ de bataille), Mistral (aujourd’hui disparue) et, plus récemment, JACAM du SO Regt, bientôt remplacées par les LTTV.
 
La flotte belge s’est depuis lors peu à peu érodée, au rythme des ventes publiques et des dons réalisés à destination d’autres armées. En réponse à une demande de la France, la Belgique avait notamment légué, en 2014, une quinzaine de camions au profit de la Protection civile de Guinée, alors en proie à une épidémie d’Ebola.
 
Peu médiatisé, ce programme s’inscrit à son tour dans la logique adoptée pour le programme PRV/CRV, attribué début janvier au français Soframe. Il s’agit en effet de rattraper autant que possible « le retard pris dans le rééquipement de la capacité logistique avec des véhicules blindés, adaptés à la réalité d’un théâtre d’opérations où règne une menace permanente en dehors des compounds ». Contrairement aux véhicules actuels, les futurs camions seront donc nativement protégés afin de mieux concorder aux contraintes des OPEX dans lesquelles la Belgique est engagée. Les opérations dans la bande sahélo-saharienne, entre autres, l’ont démontré: les dispositifs logistiques s’allongent et deviennent d’autant plus vulnérables qu’ils opèrent dans des zones où les groupes armées terroristes restent actifs, nécessitant de facto une meilleure protection des convois.
 
Malgré le retrait qui s’annonce, l’Unimog a toujours un avenir, certes limité, au sein de la Composante Terre. Exemple de modularité et de longévité, cette plateforme a considérablement gagné en maturité en 70 années de production afin, entre autres, d’adapter la motorisation au standard européen Euro VI. Autant de caractéristiques ayant probablement justifié l’adoption du modèle U5000 pour le programme LTTV et susceptibles de soutenir sa candidature pour le segment « camion léger blindé » du programme précité.