Une rallonge de plus de 2 Md€ pour les armées françaises

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Déjà rehaussé de 3 Md€ en 2023, le budget des armées françaises devrait bénéficier d’une rallonge conséquente avant la fin de l’année, révèle le projet de loi de finances de fin de gestion présenté hier par le gouvernement. 

Sauf objection parlementaire, plus de 2,1 Md€ de crédits supplémentaires seront alloués à la mission Défense par ce PLFG, le premier du genre. Un nouveau signal positif envers les forces armées, dont le budget établi auparavant à 43,9 Md€ gonflera encore sur fond d’augmentation du déficit public.

Ce coup de pouce était pressenti dès avril. L’effort, alors évalué à 1,5 Md€ par le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, était estimé nécessaire pour amortir les effets de l’inflation et accélérer la préparation des forces. Deux raisons qui restent valables et se complètent aujourd’hui d’autres invoquées par Bercy, dont les conséquences de la guerre en Ukraine mais aussi les premières répercussions de la loi de programmation pour 2024-2030.

Plus de 1,5 Md€ en crédits nouveaux et autant en autorisations d’engagement s’avèreront nécessaires pour couvrir les surcoûts liés aux activités opérationnelles. Il s’agit essentiellement d’abonder les OPEX et MISSINT, les déploiements sur le flanc oriental de l’OTAN, le soutien à l’Ukraine et les carburants opérationnels. Le retrait du Niger et le redéploiement logistique qu’il impose, par exemple, pourraient à eux seuls coûter « entre 200 et 400 M€ et, quand on dit cela, en général on est plus près des 400 que des 200 », soulignait Sébastien Lecornu mi-octobre en audition parlementaire.

L’ouverture de près de 600 M€ en crédits et 950 M€ en autorisations d’engagement sont demandés au profit du programme 146 « Équipements des forces », au titre des anticipations de commandes inscrites dans la prochaine LPM et des surcoûts liés à la guerre en Ukraine, souligne le PLFG. Parmi ces achats anticipés, l’un porterait sur le missile antichar MMP (Akeron MP), dont 3000 exemplaires seront livrés à l’armée de Terre d’ici la fin de la décennie.

« Ces ouvertures sont intégralement gagées par des annulations de crédits, notamment sur la réserve de précaution et sur des reliquats de dispositifs de crise », commente le gouvernement. C’est notamment le cas pour le programme « Environnement et prospective de la politique de défense », ponctionné de 65 M€ de crédits mis en réserve. 

Crédits image : EMA