Un contrat SAMP/T NG imminent au Danemark

Share

Le système de défense sol-air SAMP/T NG n’est plus qu’à quelques semaines d’un premier contrat export. Le Danemark s’apprête en effet à notifier un choix dévoilé à l’automne dernier et depuis négocié avec l’OCCAr, apprenait-on lors de l’édition inaugurale du salon de défense belge BEDEX. 

Non pas un, mais deux contrats sont en réalité attendus par EUROSAM, co-entreprise formée par MBDA et Thales et à l’origine d’un SAMP/T et de missiles Aster scrutés de près par plusieurs armées de l’OTAN. D’un côté, Copenhague négocie avec l’OCCAR pour l’acquisition de la version française du SAMP/T NG. La Défense danoise reste volontairement discrète sur la cible envisagée. Plusieurs options sont sur la table pour répondre à un besoin qui pourrait, semble-t-il, comprendre jusqu’à huit sections.

De l’autre côté, les militaires danois discutent directement avec EUROSAM pour entamer au plus vite la prise en main du système. Après deux décennies sans défense sol-air, inutile d’attendre pour former les primo-formateurs danois. Ceux-ci le seront en avance de phase afin d’ensuite instruire les servants danois et leur permettre d’être opérationnels dès la réception d’une première section à l’horizon 2028-2029. Le contrat confié à EUROSAM viendra matérialiser ce besoin en misant sur des moyens mis à disposition par l’armée de l’Air et de l’Espace, dont le Centre d’expertise aérienne militaire (CEAM) vient d’accueillir une première section rénovée à des fins d’évaluation.

L’arrivée du SAMP/T NG tant en France qu’en Italie ouvre une nouvelle page pour EUROSAM. Le contexte aidant, les demandes affluent d’un peu partout en Europe. Derrière le Grand-Duché de Luxembourg, EUROSAM discute également avec la Norvège, la Hongrie, la Belgique et l’Estonie. Certains canaux un temps « en sommeil » se sont réouverts à l’heure où la multiplication des menaces aériennes invite plusieurs pays à investir ou à réinvestir rapidement ce segment de la moyenne portée. C’est le cas de la Défense belge, dotée d’une nouvelle loi de programmation militaire lui permettant d’entrevoir l’achat de trois batteries courant 2029, ou de l’Estonie, à l’origine d’une demande d’information à laquelle la co-entreprise franco-italienne a répondu. La concrétisation du dispositif européen SAFE n’y est sans doute pas étrangère, les prêts avantageux qu’il octroie depuis peu devant notamment servir au renforcement des boucliers anti-aériens nationaux. 

La France devrait réceptionner une première section de série à l’orée 2027, le rythme se poursuivant ensuite à raison d’une, voire deux sections perçues par an. Un complément de quatre sections est toujours l’objet de discussions au travers de l’OCCAr. L’agenda reste pour l’instant en ligne avec la cible inscrite dans la LPM 2024-2030 de 12 sections de nouvelle génération en service en 2035. Une fois le contrat signé, il faut aujourd’hui 36 mois pour livrer une première capacité complète et son armement. L’argument prend toujours de poids au vu des difficultés vécues par l’un des principaux concurrents, le PATRIOT américain. Au rallongement des calendriers de production de systèmes neufs s’ajoute maintenant l’inconnue quant aux livraisons de missiles. Il y a en effet fort à parier que Washington, dont les stocks sont mis à mal par le conflit déclenché avec l’Iran, choisisse de mobiliser l’essentiel de l’outil industriel pour le besoin national.

L’urgence ayant replacé les délais au rang des exigences prioritaires, les industriels européens n’excluent pas d’accélérer. Centrées sur les investissements à consentir, les réflexions en cours pourraient gagner en consistance si d’autres venaient à faire le pari d’un système européen. Cette accélération, EUROSAM l’a en quelque sorte déjà expérimentée avec le Danemark : la perspective d’une victoire avait incité à anticiper la production pour entrer dans les cordes du calendrier établi. Pari gagné.

Thales et MBDA poursuivent par ailleurs les travaux portant sur l’évolution vers une architecture multicouche. La démarche a déjà permis de gagner du temps en autorisant le module d’engagement (TOC) du SAMP/T NG à envoyer des ordres de tir au TOC d’un autre système, dont le VL MICA, au lieu de transiter par l’échelon supérieur. Un cycle que les industriels cherchent encore à raccourcir par l’intégration future d’un lanceur « externe » au sein de la section SAMP/T NG. Un passage en direct qu’EUROSAM avait anticipé en ajoutant un quatrième poste au sein du TOC.