Un nom prestigieux….

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Paul Berliet, dernier dirigeant de la marque de camions qui portait son nom, est décédé le 7 juillet dernier, salué par l’indifférence des médias nationaux. L’auteur de ce blog ne l’aura appris que très récemment. Honte à lui. Avec la disparition de Paul Berliet, c’est une des dernières pages glorieuses de l’industrie automobile française qui se tourne…

Pour plusieurs générations de militaires français, Berliet rime avec GBC, lui-même appartenant à la famille prolifique du Berliet GLR : 70.000 exemplaires construits entre 1950 et 1977. Le GBC 8 Gazelle 6×6 fut pour sa part lancé en mai 1959. Il servit de base au GBC 8KT à cabine décapotable, qui bénéficia à son tour d’un programme de reconstruction au début des années 90.

Paul Berliet était né le 5 octobre 1918. Après ses études secondaires, il rejoignit l’entreprise familiale créée en 1901 par son père Marius. Il occupa différents postes dans les ateliers, en commençant par les plus humbles, avant de prendre progressivement des responsabilités. Mobilisé en 1939 dans le 199ème bataillon de chasseurs de haute montagne, démobilisé à l’Armistice, il rejoint ensuite l’usine dont il est nommé directeur général des fabrications en 1942. En septembre 1944, après la Libération, les usines Berliet deviennent un enjeu politique et Marius Berliet ainsi que ses enfants en sont dépossédés. Commence alors une tentative de gestion ouvrière surnommée « L’expérience Berliet ». L’expérience fait long feu et, en 1949, l’entreprise est rendue à ses propriétaires légitimes.

Paul Berliet en devient directeur général adjoint en 1950. Les importants besoins en camions des « trente glorieuses » font de Berliet une marque très prospère. La production passe de 17 véhicules/jour en 1950 à plus 140 véhicules/jour en 1974. Dans le même temps, les effectifs sont multipliés par trois. Entretemps, en 1962, Paul Berliet a accédé à la présidence de la société. Berliet est toutefois racheté par Michelin, qui possède déjà Citroën, en 1967. A l’instigation des pouvoirs publics, il passe en 1974 dans le giron de la Régie Renault en 1974 qui possède quant à elle Saviem. Le mariage des deux marques de poids lourds donne naissance à Renault Véhicules Industriels. Les noms commerciaux de Saviem et Berliet disparaissent définitivement des calandres en 1980, au profit de RVI, qui deviendra par la suite Renault Trucks Defense.

Quelques jours après Paul Berliet disparaissait Paul Ricard, un autre grand entrepreneur français. La nature de ses productions déclencha un intérêt plus marqué dans les médias. On se demande bien pourquoi…