Mayer demande plus de soutien à l'export

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Hier nous avions relaté ce que Stéphane Mayer, PDG de Nexter Systems, déclarait aux membres de la commission de la défense nationale et des forces armées concernant l’alliance entre son entreprise et l’allemand Krauss Maffei Wegmann (KMW). Aujourd’hui nous aborderons ses déclarations sur la santé financière et les perspectives futures de l’entreprise.
Soulignons d’abord cet appel à un intérêt, un soutien plus actifs du gouvernement envers les contrats à l’export dans le domaine terrestre. Mayer regrettait que « les contrats en matière de défense terrestre, sans doute moins visibles, apparaissent moins prioritaires que certains contrats d’exportation dans le domaine aéronautique ou naval ». Tout en concédant que les enjeux sont différents, il rappelait que « les besoins d’appuis sont tout aussi nécessaires pour ce qui est des relations intergouvernementales, quand il s’agit de vendre des matériels terrestres stratégiques à des pays étrangers ».
Mayer a concédé que les résultats à l’export « ont été décevants pour beaucoup d’observateurs, y compris au sein même de l’entreprise », même si « nous sommes toujours aussi actifs en ce domaine ». Il se justifiait en expliquant que « nous répondons à de nombreux appels d’offres et investissons beaucoup pour les démonstrations et les réalisations de prototypes ».
Deux contrats avec l’Inde occupent ses équipes actuellement. Le premier, d’une valeur de €1Md, porterait sur une commande de 1 400 canons de 155mm tractés pour lequel Nexter a rendu sa dernière offre le 15 février pour le Trajan.

Le Trajan


Deux compétiteurs demeurent en lice pour ce contrat, le gagnant devrait être annoncé à la fin 2016. Le deuxième contrat porterait sur 800 canons montés sur camion pour lesquels Nexter proposera le Caesar à l’horizon 2018.
Si les résultats financiers 2015 n’ont pas été officiellement arrêtés, Mayer a pu révéler que le carnet de commandes à la fin 2015 se montait à un peu plus de 2Md€, 5Md€ si on inclut les tranches conditionnelles. Ceci « représente environ cinq années d’activité, compte-tenu de notre chiffre d’affaires actuel », a-t-il précisé. Ce dernier se situe à 1,07Md€, légèrement supérieur au 1,04Md€ de 2014.
Le programme Scorpion de l’armée de terre française représente à lui seul près de la moitié du carnet de commandes de 1Md€, avec 200 chars Leclerc à rénover, plus de 1 600 Griffon et 248 Jaguar à fabriquer. D’autres prises de commandes concernent : des contrats avec le Royaume-Uni qui a acheté « pour une centaine de millions d’euros » des canons de 40mm développé en « alliance avec British Aerospace« , la vente de munitions pour 300M€, et enfin des véhicules blindés Aravis vendus au Gabon.

L’Aravis de Nexter


Dans le domaine du maintien en condition opérationnelle Mayer était fier de confirmer que Nexter Systems tient ses objectifs de « livrer toute pièce de rechange moins de cinq jours après sa commande » avec un « taux de performance pour nos clients [qui] atteint 90 % sur le territoire français et 95 % en opérations extérieures ».
Pour ce qui concerne le pôle munitions (voir nos articles FOB des 21, 22 et 23 décembre derniers), Nexter se situe désormais au troisième rang à l’échelle européenne, derrière Rheinmetall en Allemagne, et Nammo en Norvège. « Dans cette activité, nous bénéficions d’une bonne dynamique à l’export, avec de nombreuses prises de commandes », a-t-il remarqué.