LS2 désormais à pied d’oeuvre au profit de la Force Terrestre belge

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Six semaines à peine après son lancement, le consortium LS2 formé par John Cockerill Defense, FN Herstal et Thales Belgium a d’ores et déjà entamé les premières opérations de maintenance sur le parc de véhicules de la Force Terrestre belge. 

L’entrée en matière est réussie pour les trois acolytes de LS2. Une première vague de techniciens en mécanique des véhicules, en armement et en systèmes d’information et de communication (SIC) est à pied d’oeuvre depuis ce lundi dans les quartiers de Marche-en-Famenne et de Bourg-Léopold, là où sont basées les 7ème et 1ère brigades récemment recrées. Civils au milieu de militaires, ils inaugurent la reprise progressive de la maintenance de la plupart des matériels majeurs de la Force Terrestre, enjeu central d’une initiative inédite lancée fin janvier.

Derrière ce passage de flambeau, cette phase intermédiaire annonce la construction d’une infrastructure de soutien flambant neuve sur le site militaire de Rocourt. Il s’agira dans un premier temps de démolir l’existant et de dépolluer les sols avant de poser la première pierre d’un bâtiment de 20 000 m2 dont la pleine capacité opérationnelle est attendue courant 2028. Le site abritera une quarantaine de travées dotées de l’outillage ad-hoc. Coût de l’investissement pour des murs qui resteront la propriété de la Défense ? Plusieurs dizaines de millions d’euros. 

Conclu pour une durée de 20 ans, le projet LS2 se concentre pour l’instant sur les véhicules « legacy », ceux en service de longue date comme les porteurs logistiques Astra et les blindés Dingo II. À terme, l’expertise s’étendra à plusieurs milliers de véhicules et de sous-systèmes, dont les quelque 700 Griffon, Griffon MEPAC, Serval, CAESAR et Jaguar commandés jusqu’à présent au travers du partenariat franco-belge CaMo. Ceux-ci resteront sous garantie constructeur durant plusieurs années. LS2 en assurera la maintenance une fois celle-ci expirée et les installations liégeoises pleinement opérationnelles. 

D’autres contrats de soutien spécifiques se déploient en parallèle à LS2 et en lien avec CaMo. Fin 2025, FN Herstal avait déjà été retenu pour la maintenance des tourelleaux téléopérés T1B et T2B armant le Griffon, les Griffon MEPAC et Serval livrés prochainement, ainsi que, dans un futur plus lointain, le véhicule blindé d’aide à l’engagement (VBAE) en cours de développement. Plus de 50 M€ y seront alloués jusqu’en 2030.

La gestion des pièces détachées reste par ailleurs dans la main des militaires. Un marché pluriannuel vient à ce titre d’être attribué à KNDS France pour le soutien du matériel CaMo, y compris la livraison d’un stock initial de rechanges. L’entreprise française décroche  près de 360 M€ et ce qui semble être la première tranche d’un marché valorisé à plus de 2,2 Md€. Un autre est en phase de lancement dans le domaine des SIC. Baptisé « LAND C4I », ce futur contrat est lié au déploiement de radios de nouvelle génération SYNAPS parmi la flotte en service, effort associé à l’opérationnalisation d’une première brigade interarmes à l’horizon 2030. 

Une dizaine d’employés arment aujourd’hui LS2. Ils seront deux à trois fois plus, voire davantage en fin d’année. Et jusqu’à 200 une fois le site de Rocourt parvenu à vitesse de croisière, autant de profils techniques pour lesquels la coentreprise misera sur le recrutement externe. Pas question, en effet, d’aller dégarnir des équipes d’actionnaires dorénavant sous pression en raison du réarmement généralisé. Pas question également d’aller débaucher des militaires belges à l’heure où le recrutement et la fidélisation restent des défis majeurs pour la Défense. Progressive, la montée en cadence demandera plutôt de prospecter parmi les bassins d’emplois des différents sites concernés. 

Crédits image : LS2