Les dépenses militaires dopent les revenus de Thales

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C’est chaque année la même ritournelle : l’annonce des résultats annuels. C’était aujourd’hui le tour de Thales. Et les chiffres sont bons : des commandes en croissance de 31% atteignant un montant record de €18,9Md, contre €14,4Md en 2014 ; un chiffre d’affaire de €14,1Md, en croissance de 8% par rapport aux €13,3Md de 2014 ; et un résultat net ajusté de €809M, donc 44% supérieur aux €562M enregistrés en 2014.
 

Le véhicule 4×4 Hawkei de Thales, vendu en 2015 à l’Australie


 
La croissance des prises de commande est due à « la capacité à gagner de gros contrats » du groupe, explique Pascal Bouchiat, directeur financier de Thales Group en soulignant que 24 contrats d’un montant supérieur à €100M furent signés en 2015, contre 19 en 2014. Parmi ceux-ci, quatre issus du secteur défense et sécurité du groupe valaient plus de €500M tandis qu’un contrat avec London Transport a été signé pour un montant de €1Md. « La dernière fois que nous avons signé un contrat de €500M c’était en 2011, » rappelle Bouchiat, « ce n’est donc pas quelque chose que nous réalisons chaque année ». Deux de ces méga-contrats concernent la vente de 24 avions de combat Rafale chacun à l’Égypte et au Qatar, tandis qu’un troisième est lié au satellite militaire français ComSat-NG.
 
Le quatrième de ces contrats à €500M, signé en octobre 2015 avec l’Australie, porte sur l’achat de véhicules 4×4 protégés Hawkei. Un contrat qui comprend la livraison de près de 1100 véhicules et 1000 remorques. La phase de production d’une durée de trois ans et demi devrait démarrer à la mi-2017 avec les premières livraisons attendues pour la fin de cette même année.
 
La valeur totale des commandes dans le secteur défense et sécurité a augmenté de 28% en 2015 à €9,7Md contre €7,6Md en 2014. Le chiffre d’affaires total de cette division a crû de 9% pour atteindre €7,08Md comparé aux €6,48Md enregistrés un an plus tôt.
Le groupe est dans les temps concernant son implication dans le programme Scorpion (Synergie du contact renforcée par la polyvalence et l’infovalorisation) de l’armée française, destiné à remplacer des véhicules obsolètes, mettre en place un système d’information de combat unique en lieu et place des six existants, rénover le char Leclerc et optimiser l’appui, a confirmé Patrick Caine, président directeur général du groupe, à FOB après la conférence de presse. Un programme confié à un consortium réunissant Thales, Nexter et Renault Trucks Defense.
 
« Pour garder notre leadership technologique », Thales investit également massivement dans la recherche et le développement (R&D) avec près de « 20% du chiffre d’affaires investi en R&D », a précisé Caine.