FOB Interview : Jean-Luc Logel

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A l’occasion d’Eursatory, FOB donne la parole à Monsieur Jean-Luc Logel, PDG de Centralp Automatismes et Président du Cluster EDEN (European defense Economic Network). Crée en 2008 par la CCI de Lyon, EDEN est le premier cluster de PME qui s’est imposé sur le secteur de la défense et la sécurité.

 

– EDEN est le premier cluster regroupant des PME Défense. Pourriez-vous rappeler brièvement le pourquoi et le comment d’EDEN…

L’ambition première d’EDEN était de réunir des PME de la région Rhône-Alpes évoluant dans le même secteur d’activité. Des PME toutes soucieuses de mutualiser leurs ressources et compétences afin d’accélérer et sécuriser leur croissance en France et dans le monde. Cela a été possible grâce à l’étude « défense » lancée en 2006/2007 par la CCI de Lyon, elle-même mandatée par la DGA et la volonté d’une poignée de dirigeants de PME qui se sont rencontrés sur les salons de construire des projets ensemble. 

Nous avons 4 objectifs qui guident toutes nos actions à savoir conquérir ensemble du business à l’ export, faciliter l’accès des PME à la Recherche & à la Technologie, développer collectivement les meilleures pratiques entrepreneuriales, et enfin les rendre les plus visibles en France et à l’étranger. Notre initiative est unique et créatrice de valeur ; nous en sommes convaincus !

 

– Le soutien au PME a été annoncé comme un axe important ces dernières années, notamment par la DGA. Concrètement, des actions ont-elles été prises en ce sens?

Oui, le ministère de la Défense favorise le développement de réseaux performants tels que le cluster EDEN. Les représentants de la DGA se déplacent beaucoup pour rencontrer les chefs d’entreprise afin de mieux appréhender leur quotidien. L’émergence de grappes d’entreprises (dont l’objectif est d’encourager et développer les synergies entre PME d’un même secteur, à l’initiative notamment de la DATAR) représente un nouveau type d’acteurs à intégrer dans le dispositif global de soutien à l’export porté par la DGA. 

La DGA cartographie chaque année de nouvelles régions et de nouvelles « pépites » stratégiques pour le secteur de la défense qui pourraient bénéficier d’une structure comme celle d’EDEN.

Le dispositif RAPID est un réel tremplin pour les projets R&D de PME. Ce dispositif est en accord parfait avec les temps de décisions, les « cycles de vie » des  projets au sein des PME.

– Est-ce suffisant aujourd’hui? Quelles mesures faudrait-il ?

Le constat est simple : Avec la mondialisation, les PME françaises se retrouvent confrontées tant en Europe qu’au grand export à des concurrents dont les niveaux de charges sont bien moindres et par conséquent la compétitivité supérieure ; c’est la source de bien des maux : moindre rentabilité, déploiement commercial plus modeste… Pour les PME qui ont décidé de continuer à produire en France,  le manque de flexibilité du marché du travail est un gros handicap. Je peux vous citer  le cas d’une société ayant préféré  ne pas prendre une grosse affaire, pourtant rentable, en Inde  car il s’agissait d’une production « one shot », sans récurrence, ce qui lui posait d’insurmontables  problèmes de gestion des effectifs… la problématique dépasse largement celle du cluster…

 

– Depuis 2008, de nombreuses actions ont été menées par le cluster, à l’étranger mais aussi en France, notamment auprès des forces spéciales. Quelles sont celles à venir?

Au-delà des actions de promotion récurrentes (participation mutualisée à des salons,…) tout au long de l’année en France comme à l’étranger, nous multiplions également les opérations de networking et de formation des membres sur des sujets divers et variés (exportations, procédures administratives,…).

Un  partenariat d’un nouveau genre, unissant un grand compte de la défense et notre groupement de PME, sera réalisé sur Eurosatory. Il déclenchera un nouveau système de portage très original, qui challengera autant le grand compte que les PME membres. De même sur la relation achats, dans laquelle les PME d’Eden et le MOI vont devenir bien davantage des partenaires que des cocontractants.

A l’international, nous lançons des workshops EDEN, sur le terrain, qui vont permettre à nos PME de présenter leurs technologies et services, au plus près du client (6 pays sur 2013).

Des rencontres avec les industriels et institutionnels sont ainsi organisées régulièrement afin de faire connaître l’ensemble des technologies des membres et de présenter les dispositifs DGA, OTAN, etc. aux membres.

– EDEN évolue et fait des émules, en Bretagne, Aquitaine… A l’origine Rhône-Alpin, EDEN a-t-il vocation à devenir national ?

Eden Bretagne est créé, c’est maintenant Eden Centre qui voit le jour.

Des volontés fortes nous sont exprimées en Aquitaine et en Ile de France pour constituer des Eden. A ce titre, nous sommes vraiment dans une démarche pragmatique, animée par un sens commun : regrouper les PME, sous un corps intermédiaire vivant tel qu’Eden.

Les 3 prochaines années vont être décisives pour nous et nous avons une ambition nationale pour EDEN. Nous sommes conscients des enjeux économiques, politiques et à l’écoute du besoin exprimé par les PME, c’est pour cela que nous avons pour projets d’intégrer progressivement des entreprises des régions Bourgogne, PACA, Auvergne.